Demander l'avis des voisins Méditerranéens ? Non, merci

Publié le par Ouïgour

Encore une fois, on voit bien les décisions prises pour les pays en voie de développement par les puissants. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont présenté leur projet de l’Union Pour la Méditerranée jeudi lors d’un diner organisé pour les chefs d’Etats des 27, et ont d’ores et déjà obtenu le soutien de la majorité.

 

Personne jusque là n’a pensé ni évoqué l'idée de demander leur avis aux pays non européens directement concernés par ce projet. Tout est fait à l’intérieur de l’Europe, les maîtres du jeu ont tout décidé entre eux. Le but de ce projet est de renforcer les relations économiques et diplomatiques avec les pays voisins de rive nord et de rive sud de la Méditerranée, majoritairement musulmans. Aucun de ces pays n'est consulté par les initiateurs « ultra intelligents » du projet. En revanche, les pays membres de l’UE sont au centre de ce projet, comme si cette nouvelle Union sera crée uniquement pour eux.

 

Pourquoi cette ignorance pour un projet aussi important ? La raison est là : l’UPM ne donne aucun intérêt aux « petits » pays, le but de l’Union n’est pas de faire bénéficier ces pays là mais de donner une nouvelle force, une hiérarchie supérieure aux membres de l’UE en écrasant ces « membres secondaires » de la nouvelle Union. Il y aura deux présidents à la tête de l’Union, l’un sera certainement l’un des grands de l’UE, l’autre de l'un des pays que j’appelle les futurs « membres secondaires », majoritairement musulmans.

 

« Sans la nouvelle de carotte, le riz déjà cuit » comme on dit en ouïgour, ces « puissants » dans l’Europe décident encore une fois pour les « petits » autour du continent blanc, en croyant à la réussite de leur projet. L’essentiel n’est donc pas de convaincre ces « voisins des alentours » qui vont rejoindre sans doute volontairement l'UPM, mais de mettre rapidement fin aux inquiétudes de certains membres de l’UE.

 

Si tous les pays méditerranéens participent à l’UPM, la Turquie, qui se sent isolée devant la porte fermée de l’UE à laquelle elle veut appartenir depuis toujours, va se retrouver face à une autre Union qui l’attend bras ouverts. C'est le rêve de Sarkozy, bien entendu, reste à voir ce qui va se passer dans les prochains mois.  

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