Histoire Ouïgoure

 

Dans l’histoire de tous les peuples du monde, peut être la plus dur à étudier est celle des Ouïgours. Très peu d’historiens résistent jusqu’au bout dans leur recherche de l’histoire ouïgours qui est tellement compliquée, tellement longue, très difficile à distinguer l’une période à l’autre.  Les ethnologues, sociologues ou encore les semi-politiciens aiment bien simplifier cette histoire par l’interprétation actuelle de la Chine. Effectivement, les rares historiens comme James Russell Hamilton qui étudient sans lâcher les pistes compliquées ont laissé des analyses phares et prestigieuses sur l’histoire de ce peuple trop ignoré par le monde actuel. Pourtant, c’était ce peuple qui avait commencé l’histoire moderne et la migration bouleversante du monde. Paradoxalement, cette étude menée profondément par le professeur, francophile Hamilton était basée sur les manuscrits anciens ouïgours et de la source chinoise qui n’était pas encore touchée par les autorités chinoises.

Selon l’introduction « rapide » à l’histoire ouïgoure qu’on trouve facilement sur nombreux sites et livres, les Ouïgours avaient commencé leur histoire turkestanaise  en 840 après être chassés de la Mongolie. Or cette histoire n’est pas aussi simple que cela. La région de Turkestan, divisée en Turkestan Occidental et Turkestan Oriental par les Russes, n’était pas turkicisée après 9ème siècle, mais bien avant. Les turcs de Turquie ont bien raison de décrire dans leurs livres scolaires pour l’histoire que la culture turque avait commencée par le royaume ouïgour. Selon les sources vierges chinoises, 60 ans avant Jésus Christ, dans la région du Turkestan Oriental d’aujourd’hui, il y’avait les Tokhariens qui sont des originaires de la région. Les Tokhariens étaient de physique européens et parlaient une langue indo-européenne. La région comptait 52 petits royaumes indépendants et qui faisaient souvent la guerre entre eux. A côté, il y’avait l’empire chinois, dont la capitale était Chang’an, la ville de Xi’an d’aujourd’hui qui est très près de la région Tokharienne. Pékin n’était pas la capitale du l’empire. Pour les petits royaumes tokhariens, être reconnus par l’empire chinois était une chose extrêmement importante et signifie aussi une forte légitimité devant les autres royaumes. Les petits royaumes envoyaient souvent des délégations diplomatiques à Chang’an pour avoir une reconnaissance diplomatique de l’empire chinois devant les autres royaumes en compétition. Ils offraient des cadeaux prestigieux de leur royaume à l’empereur chinois pour avoir ce tampon de reconnaissance. Les historiens chinois d’aujourd’hui interprètent cette partie d’histoire à leur compte en disant que ces royaumes étaient sous domination chinoise et donnaient des impôts à l’empire. A cette époque là, l’empire chinois envois le fameux diplomate Zhang Qian dans cette régions où il y a les petits pays « barbares ». À la même époque, les 52 petits pays tokhariens se sont regroupés en six grands empires. Zhang Qian et ses groupes sont très bien accueillis par les peuples des différents pays de la région où s’installe par la suite ce groupe de délégation. Cette installation aurait pu faire peut être en raison de longue distance entre la Chine et l’Ouest ou encore d’autre raison. La Chine interprète aujourd’hui cette partie d’histoire comme le début de domination de la Chine dans la région turkestanaise.  Effectivement cette visite de Zhang Qian a aidé à l’échange diplomatique de la Chine avec le reste du monde et au développement de la route de la soie. A cette époque, les chinois ont vu que beaucoup d’autre tribus étrangers commencent à venir s’installer dans la région des Tokhariens, notamment dans la vallée de Kansu et de Tourpan. Les sources chinoises appellent ces tribus Haut Chars (Gao Che), car ils se déplaçaient en très grands chariots roulés. Selon ces mêmes sources, les chinois voisins appelaient la tribu en tête de ces Haut Chars, Ouïgour. Ces Haut Chars s’installent  dans ces vallées et commencent à se mélanger avec les Tokhariens. Cela veut dire que les Ouïgours commencent à s’installer dans les Oasis turkestanaise dès 4ème siècle, mais pas 9ème comme le dit les « interprétations rapides » prises par les sources actuelles de Chine Populaire.

De l’autre côté d’oasis tokharienne, dans le nord et sud de la Montagne du Céleste, (Tangri tag en ouïgour, Tian Shan en chinois), les turcs regroupés de différents tribus ont déjà commencé à petit à petit de se déplacer vers la grande région tokharienne. Placée au cœur du continent d’Asie, cette région était déjà très stratégique pour les missionnaires indiennes pour venir prêcher le bouddhisme. De l’autre côté, l’est de la région, les chinois qui partaient pour le pèlerinage en Inde, passaient obligatoirement par cette région dirigée par les tokhariens. L’échange culturel avec le monde occidental était très développé dans cette zone avec la route de la soie. A cette période, les turcs qui viennent du Nord de la Chine ont envahi petit à petit le sud de la région et se mélange avec les différents peuples y compris les tokhariens locaux, les sogdiens (les Iraniens qui s’installent dans les oasis de Khotan et Kashgar), les indiennes missionnaires. Ils ont échangé de culture, de langue, mais de plus en plus le turc est devenu la langue dominante de la zone.

En déjà dominant le sud et l’est de la zone tokharienne, les Ouïgours avaient déjà une bonne base dans cette région de plus en plus turkicisée par leurs frères.  En 840, l’attaque Kirghiz n’était pas la seule raison de grande migration des Ouïgours vers l’ouest. A l’époque, les Ouïgours étaient attaqués aussi par une grande catastrophe naturel qui les ont obligés d’abandonner la Mongolie et se rejoindre les turcs de la zone tokharienne. Ils se sont mélangés avec les tokhariens. Attaqués sans cesse par les Turcs de l’ouest et du nord, l’empire chinois a construit enfin le fameux Muraille de Chine contre les Turcs.