Les écrivains ouïghours

Memtimin Hoshur

 

Memtimin-Hoshur.gifAziz Nesin version ouïghoure, l'écrivain, romancier M.Hoshur est l’un des trois romanciers préférés des Ouïghours avec Abdurehim Ötkür et Zordun Sabir. Avec un talent humoristique venant certainement de ses origines de Ghulja, il se moque de la société, de l’hypocrisie, de corruption…etc. dans ses écrits.

 

Né en 1944 dans la ville de l’humour et de révolte Ghulja, M. Hoshur a longtemps travaillé dans la rédaction pour la revue littéraire « La Rivière d’Ili ». Ses nouvelles représentatives sont Chien aux dents en or, Polémique de moustache, Une chope…etc. De ses powists, il y a surtout Nuzugum, La neige bénéfique…etc. Son roman La ville couverte du désert a été un best seller en 2000. Nombreux de ses nouvelles sont traduites à des différentes langues, dont russe, japonais, chinois, kazakh…etc. Une chope a été adapté au cinéma et le film a été traduit en anglais.

 

Le langage littéraire de M.Hoshur est léger, agréable, ironique, à la fois soutenu et familier. Il est très difficile de traduire ses écrits. La subtilité et l’humour typiquement ouïghour sont les principales caractéristiques de ses œuvres. 

 

Nurmuhemmet Yasin    

http://www.uyghurcoalition.org/images/Nurmemet_Yasin.jpgNé le 6 mars 1974, l’écrivain Nurmuhemmet Yasin est marié et père de deux enfants. Il est l’auteur de plusieurs essais, nouvelles et recueils de poésie en langue ouïghoure. Certains de ses écrits sont étudiés dans les collèges de la province du Xinjiang, où vit la majorité ouïghoure.

 

Nurmuhemmet Yasin a été condamné le 29 novembre 2004 à une peine de 10 ans de prison pour avoir publié une nouvelle intitulée Le pigeon sauvage. Les autorités chinoises considèrent cet ouvrage comme un réquisitoire déguisé contre les autorités chinoises de la région autonome du Xinjiang.

Le pigeon sauvage raconte à la première personne l’histoire d’un jeune pigeon pris au piège - le fils d’un roi pigeon - qui se suicide en captivité. Il préfère se tuer plutôt que de sacrifier sa liberté.

Publiée dans une revue de littérature ouïghoure, cette fable avait été diffusée très largement et recommandée pour un prix littéraire important. L’éditeur de la revue, Korash Huseyin, a lui aussi été condamné à 3 ans de prison, et aurait été libéré depuis. 

 

Nurmuhemmet Yasin a été accusé « d’inciter les Ouïghours au séparatisme », acte considéré par les autorités chinoises comme un crime. Lors de son procès à huis-clos, il n’aurait pas bénéficié de la présence d’un avocat. Amnesty International le considère comme un prisonnier d’opinion, uniquement détenu pour avoir usé de sa liberté d’expression.

 

En 2005, le Rapporteur sur la torture des Nations unies a pu le visiter : celui-ci lui a déclaré avoir  subi des mauvais traitements et avoir été battu par ses codétenus pour avoir refusé de parler le Mandarin. Le Rapporteur a demandé aux autorités chinoises sa remise en liberté immédiate. Cette visite constitue le dernier rapport fiable sur l’état de l’écrivain en détention. Il serait détenu à la prison n°1 d’Urumqi, capitale régionale du Xinjiang. Il n’est pas permis à sa famille de lui rendre visite, et il serait en mauvaise santé. (Source: Amnesty France)

 

Tohti AYUP/ Toxti AYUP

 

Tohti-Ayup.gifEcrivain apprécié de genre powist, T. Ayup est né en 1945 à Kucha, capitale antique du royaume bouddhiste ouïghour dans le sud de Tengri’tagh (Mont Céleste/Tian Shan). Travaillant comme cinéaste au Théâtre d’Aksu, entre 1970-1979, il est torturé, humilié dans les camps de rééducation pendant la Révolution Culturelle. Après avoir été blanchi, il a d’abord travaillé pour la revue « Littérature d’Aksu », puis comme éditeur dans le bureau ouïghour de l’Edition du Peuple du Xinjiang deux ans plus tard.

 

Influencé fortement par les poèmes de Pouchkine, T. Ayup commence la littérature d’abord avec ses poèmes. Après le cauchemar de sa rééducation, il devient un écrivain nouvelliste et powistique. Cinéaste, certains de ses scénarios sont adaptés à l’écran. Le plus connu, c’est « Satan et Flic ».

 

Alimjan ISMAYIL

 

Alimjan-Ismayil.gifA. Ismayil est né en 1941 dans la ville de Chöchek, à côté d’Altaï, dans le nord de la région ouïghoure. Après ses études supérieures en Economie, il travaille pour « La Gazette de Bayin’ghulin » dans le département autonome Mongol de Bayin’ghulin. Il cofonde la revue littéraire « L’oasis » en 1980 après la fermeture de son ancien quotidien. Quatre ans plus tard, il revient à Urumchi pour travailler à la revue littéraire « Tarim ».

 

La spécificité d’A. Ismayil se trouve dans son genre satirique. Les nouvelles « Le loyer », « Le mystère des surnoms », « Les villageois » nous rappellent un peu Aziz Nesin de Turquie.

 

Muhemmet BAGHRASH

 

Muhemmet-Baghrash.gifBaghrash de son nom littéraire comme le lac du Baghrash, est né en 1952 à la ville de Kara Shehir (la ville noire) dans la vallée de Korla. Après ses études secondaires, il devient comédien au Théâtre d’Aksu. Il travaille quelques années en tant que chauffeur au  Département des transports. Plus tard, il y devient cadre de communication (c’est-à-dire qu’il travaille pour la propagande). A partir de 1982, il travaille comme journaliste au quotidien « La gazette des ouvriers du Xinjiang ».

 

Ayant grandi dans l’oasis du Tarim, M. Baghrash exprime ses souvenirs, sa nostalgie pour son enfance sur la rive de la rivière Qaydu. Ses nombreuses nouvelles sont inspirées de son expérience de chauffeur. D’ailleurs, il commence sa vie d’écrivain avec la nouvelle « Collègue » (« Sepdash » en ouïghour) qui a connu un grand succès. « Collègue » a d’ailleurs été introduite dans les manuels scolaires des élèves des collèges ouïghours.