Les poètes ouïghours

Abduxaliq Uyghur/Abduhalik Uyghur

Abduhaliq UyghurPoète nationaliste, la figure de la poésie ouïghoure A.Uyghur est né en 1901 dans une famille intellectuelle à Turpan, la capitale de la civilisation ouïghoure bouddhique. Uyghur est son pseudonyme littéraire.  A 5 ans, Abaduxaliq savait déjà lire et écrire, et à 12 ans, il fréquente la Madrise, l’école islamique, où il apprend l’arabe et persan. En 1916, il accompagne son grand père qu’est un homme d’affaire, en Russie, il apprend le russe. Au retour à Turpan, il s’inscrit à XueTang, l’école chinoise et il y sort avec un excellent résultat. Chaque langue étrangère qu’il a apprise, lui a permis de connaître et se plonger dans ses classiques. Les ouvrages russes et chinois, notamment ceux de Sun Yat Sin, l’a conduit à la connaissance de la démocratie. Il repart en 1923 en Union Soviétique et témoigne la victoire de la Révolution d’Octobre. Il y reste trois ans et il fait connaissance avec les classiques de Pouchkine, Tolstoï, Lermontov et Gorki…etc. Au retour à Turpan en 1926, il décide de fonder un journal, mais le dictature militariste Yang Zing Xin, le gouverneur du Xinjiang, ne lui donne pas l’autorisation. L’année d’après, A.Uyghur cofonde alors avec le futur Général de 1er République Islamique du Turkestan Oriental

 

Son poème « Achil » qui signifie « ouvre-toi » ou « fleurisse-toi » devient en 1932 une hymne révolutionnaire pour les mouvements ouïghours anticolonialistes et indépendantistes. En décembre, les paysans de Turpan et Kumul se lèvent contre le pouvoir en place. En 1933, Sheng Shi Cai, le « buveur du sang », le nouveau gouverneur du Xinjiang, envoyé par Nankin, met en prison les intellectuels ouïghours de ces deux régions, dont A.Uyghur, accusés par Sheng de responsable de ces mouvements paysans. Le 13 mars 1933, avec ses camarades, Abduxaliq Uyghur est assassiné devant la mosquée de la ville. Devant l’épée, A.Uyghur crie en ouïghour et chinois : « Vive la liberté ! », « Vive la libération ! ».

 

Muhemmetjan RASHIDIN

Muhemmetjan-Rashidin.jpgLe meilleur poète actuel chez les Ouïghours, Muhemmetjan Rashidin est avant tout un paysan qui refuse la casquette intellectuelle. Né en 1940 dans la ville des poètes, la fameuse ville rebelle Ghulja, il a longtemps travaillé comme professeur de littérature dans des écoles des petits districts autour de Ghulja. Il a été torturé pendant près de 20 ans avant, pendant et après la « Révolution Culturelle ».

 

Ses poèmes se caractérisent par  la combinaison de la subtilité et la simplicité de son langage poétique, très réaliste et proche de la vie quotidienne des Ouïghours ordinaires. Ses poèmes m’évoquent le Zem-Zem (l’eau sainte de la Mecque) jailli pour ceux qui vont mourir de soif au milieu du désert. Dans ses poèmes, M. Rashidin n’a pas nécessairement un vocabulaire très sophistiqué. Celui-ci au contraire est simple, donc accessible à tout le monde, direct et en même temps très beau.

 

Poète réaliste, il critique beaucoup la société, les gens. Quand de nombreux poètes par leurs poèmes sont à la recherche d’un public, celui-là va de lui-même  à la rencontre des poèmes de M. Rashidin. Il a écrit également de nombreuses chansons, devenues très populaires.

 

Osmanjan SAWUT

Osmanjan-Sawut.gifNé en 1945 à Manas, diplômé de littérature ouïghoure de l’Université du Xinjiang, Osmanjan SAWUT est un des poètes les plus appréciés des Ouïghours. Ses poèmes se caractérisent surtout par les thèmes de l’amour pour le pays, pour la mère. Travaillant comme traducteur à la revue « Traductions Littéraires », il a également traduit du chinois nombreux poème. 

 

Kurban BARAT

 

Kurban-Barat.gifOriginaire d’Atush, Kurban BARAT a travaillé en tant que journaliste au quotidien « Xinjiang Géziti » et plus tard à la Maison d’Edition du Peuple du Xinjiang. Il est connu notamment pour ses épopées. Les deux plus connues sont « La fée au foulard blanc » (consacrée à l’anniversaire de sa fille unique) et la « Palestine » (consacrée à la guerre de six jours)