Attentat à Kashgar : les preuves d'une fabrication Chinoise

Publié le par Ouïgour

Selon un reportage publié sur de nombreux sites sinophones et anglophones aux Etats-Unis, le fameux attentat de Kashgar, qui a causé la mort de 16 policiers et qui a fait 16 blessés en août dernier, juste avant les JO de Pékin, n’est en réalité rien d'autre qu’une « fabrication chinoise ».

Ce jour-là, les autorités chinoises avaient déclaré qu’un camion était venu, visant les gendarmes qui s'entrainaient, et qu'il s’était écrasé sur eux. Les autorités avait alors accusé les « terroristes ouïgours » d'avoir commis cet attentat inhumain afin de détruire les JO de Pékin. Elles ont également expliqué que certains chauffeurs étaient descendus de camion, pour attaquer les gendarmes avec des couteaux et des bombes.  Les autorités ont compté 16 morts du côté des gendarmes, ce qui fait de cette attaque terroriste la plus meurtrière depuis les années 90.

Mais cet attentat terroriste de Kashgar apparait comme anormal, et ce dès le début, selon l’article publié sur le site DWNEWS, le 30 septembre dernier.  Les armes des terroristes ont d’abord été présentées comme étant des grenades. Ensuite, ce n’étaient plus des grenades mais des bombes, et, enfin, c’étaient le camion ainsi que des couteaux. L’identité des deux terroristes a été révélée : il s'agissait d'un chauffeur de taxi de 28 ans et d'un vendeur de légumes de 33 ans, tous les deux étant des ouïgours. Ensuite, comme tous les sujets sensibles, cette affaire a progressivement été oubliée du public.

Mais les journalistes du « New York Times » ont quant à eux trouvé trois touristes étrangers qui avaient photographié la véritable scène, et ces photos ont été publiées pour la première fois par l’agence Associated Presse.

Ces trois touristes ont également raconté au journaliste du « New York Times » ce qu’ils avaient réellement vu, et leur version des évènements est complètement différente de celle véhiculée par les autorités chinoises. L'un d’entre eux a même pris 27 photos de la scène, photos qui confirment leurs propos. 

Le 29 août, le « New York Times » a publié un reportage du journaliste Edward Wong, intitulé « Les doutes montent sur le compte d’un attentat en Chine ». Cet article montre clairement le décalage existant entre ce qui est raconté par les trois touristes par rapport aux dires des autorités chinoises, surtout que ces témoins affirment n'avoir entendu aucune explosion de bombe. De plus, les terroristes qui ont utilisé des couteaux et qui ont coupé les bras des gendarmes étaient, selon eux, également des gendarmes. Ils affirment qu’ils ont vu très clairement que l’homme qui a attaqué ces policiers était habillé du même uniforme vert.


Ce témoignage soulève plusieurs questionnements : Pourquoi les gendarmes ont-ils utilisé des couteaux ? Est-ce parce qu’ils voulaient se venger ? Est-ce parce que certains des agresseurs se sont déguisés en gendarmes ? Ou encore était-ce un conflit intérieur entre les gendarmes ?  En effet, un témoin affirme qu'un groupe de policiers s'est attaqué à d'autres policiers.
Par peur d’être agressés par le gouvernement chinois, ces quelques témoins n’ont pas voulu révéler leur identité.
Les autorités chinoises n’ont, quant à elles, pas voulu se prononcer par rapport à ce témoignage.
L’attentat du 4 août n’a été que le début d'une série de cinq attentats, commis l'un après l'autre à Kashgar. Le gouvernement chinois a évidemment attribué tous ces attentats aux séparatistes ouïgours.  Selon les autorités, ils auraient coûté la vie à 21 gendarmes ainsi qu'à un civil dans leur totalité.

Le 5 août dernier, le secrétaire du parti de la région de Kashgar, Shi Da Gang, a affirmé que les terroristes étaient deux ouïgours, un chauffeur de taxi et un vendeur de légumes. Il a ajouté que l'attentat aurait fait 16 blessés parmi les gendarmes.  Shi Da Gang raconte que ce jour-là, un homme conduisait le camion, et que l’autre s'est mis à courir en direction des gendarmes avec une arme à la main. Il dit qu’avant d’être capturés, ces deux hommes ont eu le temps de lancer tous les deux une bombe.  Après l’arrestation, les gendarmes ont découvert sur ces deux hommes neuf bombes ainsi que des couteaux.

Shi Da Gang n’a cependant jamais indiqué que les terroristes étaient habillés en uniforme de gendarmes, ce qui n'a d'ailleurs pas été non plus relevé par les autorités chinoise. Le journal anglophone « Le Matin », de Hong Kong, avait quant à lui évoqué l’utilisation de policiers locaux, mais il refuse désormais de parler de cette question.
Depuis longtemps, la Chine a l'habitude d'attribuer tous les actes anti-chinois qui se déroulent dans la région ouïgoure à un groupe méconnu, intitulé le « Mouvement Islamiste du Turkestan Oriental ».

Mais la version qui a été racontée par quelques témoins qui ont vu la scène ne correspond pas du tout à la version officielle. Le 26 août dernier, quand un journaliste avait demandé à un ouïgour, qui était passé en voiture devant le lieu de l’attaque, s’il considère que ce sont des terroristes qui ont planifié l’attentat, l’homme a répondu : « ils parlent d’une chose, nous parlons d’une autre ». De la même manière, les autres ouïgours qui ont répondu au journaliste affirment que les agresseurs avaient subi des injustices, et c’est la raison pour laquelle ils se sont révoltés.

Les trois témoins étrangers disent qu’ils ont pu voir tout ce qui s’est passé depuis l’Hôtel Barony, qui se situe en face de l’avenue où se trouvent le bâtiment officiel de la gendarmerie ainsi que le petit hôtel où s’est déroulé l’attentat. Comme nous l'avons déjà évoqué, l'un de ces touristes a pris des photos de l'évènement, et trois d'entre elles ont ensuite été publiées par l’Agence Associated Presse. Il a livré les 24 autres au « New York Times ».

Le touriste qui a pris ces photos explique que le 4 août, à 8h du matin, alors qu’il rangeait son sac à dos à côté de la fenêtre, il a entendu un bruit de collision. Quand il a regardé dehors pour voir ce qui se passait, il a vu un gros camion se jetter contre un groupe de gendarmes après avoir heurté un pilier. Les autorités chinoises disent quant à elles que ce camion a attaqué un groupe de 70 gendarmes, qui couraient dans la rue. 

Ce photographe a raconté qu'ensuite, le camion a heurté un poteau de ligne électrique, ou un poteau téléphonique, et s’est finalement écrasé contre la grande porte d’un autre hôtel, dans la même rue, l'hôtel Yi Quan. Un homme, habillé d'une chemise blanche avec des manches courtes, est alors descendu du siège du chauffeur. Une fois hors du camion, étant gravement blessé, il n’a pas pu se lever et il est donc resté à terre pendant 4-5 secondes.

Le photographe est immédiatement sorti de sa chambre pour aller chercher ses deux compagnons de voyage (un ami et un membre de sa famille), qui résidaient dans une autre chambre. Ils avaient eux aussi entendu des bruits, et couraient déjà dans le couloir. Les trois hommes se sont précipités vers la fenêtre de la chambre du photographe, ce dernier expliquant qu’il a quitté la chambre une minute seulement. Or, quand ils sont revenus, le chauffeur de camion n’était déjà plus là.

Son ami raconte les faits ainsi : « La première chose que j’ai vu, c'est le gros camion devant le bâtiment qui nous faisait face. 15 hommes environ étaient tombés à terre. Leurs habits étaient en désordre, et l'un d'entre eux, qui ne bougeait plus et gardait la tête baissée, était maculé de sang et sa blessure paraissait assez grave »

Ce témoin continue : « C’était très étrange, j’ai senti quelque chose de bizarre. Je me demandais ce qui s’était passé ».

Ces trois témoins racontent qu’ensuite, les choses sont devenues encore plus étranges. Ils ont vu deux hommes, habillés en vert, qui tenaient des couteaux et qui ont commencé à s'attaquer à ceux qui étaient par terre, et qui étaient pourtant habillés du même uniforme.

L’ami du photographe dit que lorsqu’il a vu ces deux hommes, habillés en uniforme de gendarme, qui s'attaquaient à des hommes qui étaient vêtus du même uniforme, il a senti que quelque chose de vraiment bizarre se déroulait ici.

 Ces trois témoins étaient véritablement choqués, ils se regardaient avec terreur et se demandaient : « Pourquoi ces deux gendarmes coupent les bras de leurs camarades ? »

A ce moment là, le photographe a pris son appareil numérique, il s'est caché derrière la fenêtre et a commencé à prendre des photos. La première photo a été enregistrée à 8h04, la dernière à 8h07. La première n’est pas vraiment nette, car le photographe a été dérangé par des arbres qui lui cachaient la vue. Mais malgré la qualité de la photo, on peut tout de même voir quelques gendarmes à terre, entourés d'autres restés debout.

Ce photographe raconte que deux gendarmes se sont agenouillés en direction de son hôtel, avec leurs bras attachés dans le dos. Un autre gendarme a commencé à les frapper avec des couteaux.

Le photographe continue : "Le visage de l’homme qui frappait à l'aide de son couteau était plein de sang, tout comme celui de nombreux autres gendarmes. D'autres marchaient dans la rue, comme s'ils étaient perdus. D'autres encore restaient assis dans la rue. Je crois qu’ils étaient probablement terrifiés. Quelques uns couraient dans la rue en se tenant le cou."

Ces trois touristes racontent que pendant que tout cela se déroulait, le camion est resté immobile tout en faisant un petit bruit, comme s’il allait bientôt exploser. Des brouillards noirs commançaient à sortir de la partie avant du camion.

La façon de raconter la scène diffère quelque peu entre le photographe et son ami. Ce dernier a vu les deux hommes habillés de l'uniforme vert des gendarmes, qui coupaient les bras de ceux qui étaient à terre. L'un de ceux qui était à terre bougeait encore un peu, même s'il était apparemment gravement blessé.

La version du parent du photographe est encore légèrement différente des deux précédentes. Il dit qu’un homme en uniforme vert arrivait du côté du camion, qu'un gendarme s'est mis à courir vers lui et lui a coupé le bras. L’homme en uniforme a alors commencé à lui faire la même chose.

Ce proche du photographe affirme que l’homme en uniforme, qui a été blessé par couteau, est tombé par terre, et qu'ensuite un autre gendarme est venu pour lui donner des coups de pied.

Selon ce qui est raconté par ces touristes, il y a au moins un point qui reste clair malgré les différenciations qui peuvent exister entre les trois versions: ceux qui tenaient des couteaux étaient bel et bien des gendarmes, et non pas des bandits comme les autorités chinoises l'ont affirmé, parce qu’ils ont communiqué avec les autres gendarmes qui étaient sur place.

Les touristes disent que les attaquants munis de couteaux avaient une ou deux minutes devant eux. L’ami du photographe a également vu qu’un des gendarmes qui utilisait un couteau l’a tendu ensuite à un autre gendarme, qui tenait lui aussi un couteau. La photo prise par le photographe montre effectivement un gendarme qui tient deux couteaux.  Une autre photo montre qu’un gendarme tient une carabine portant un couteau, et ce genre d’arme est très rare en Chine.

Les touristes disent que les autres gendarmes ont fait semblant de disperser le foule, qui venait pour voir la scène. Et c'est à ce moment là qu'un des gendarmes a vu ce touriste étranger muni d'un appareil photo, à la fenêtre de l’hôtel d'en face.

Quelques touristes disent que cinq heures après l'évènement, les gendarmes ont fermé l’hôtel où ils résidaient, et ont commencé à interroger tout le monde. Les touristes disent que ces gendarmes n'étaient pas menaçants, mais qu'ils n’arrêtaient pas de demander qu'on leur donne les photos ainsi que les appareils. Le proche du photographe raconte : « Ils nous ont demandé si nous avons pris des photos, et nous leur avons répondu que non. Ils nous ont demandé si nous avions envoyé des emails à l'étranger, et nous avons encore répondu non. »

Le photographe a aperçu durant le repas de midi que les corps qui étaient couverts de tissu blanc étaient emportés dans des camions qui étaient équipés de wagons. L'après-midi, quand les touristes ont été autorisés à sortir, il a vu que des employés commençaient à nettoyer la rue avec des tuyaux d’eau.

Vous pouvez visualiser les photos sur le site du
New York Times.

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