Commentaire du film "ATA"

Publié le par Ouïgour


Le film « ATA » a été projeté le 18 septembre, vers 20h, dans un petit entrepôt près du métro Parnety, dans le 14ème arrondissement de Paris. Il s'agissait du dernier court-métrage projeté ce soir-là, dans le cadre du Festival de Contis, suite à la projection de six autres films courts.

 

L’héroïne du film, Ceyla, est une étudiante francophone turque, qui vient en France pour suivre son copain français, Eric. Au moment où elle arrive à Paris, Eric doit partir dans une autre ville pour son travail. Ceyla reste donc dans un immeuble, avec des gens qui travaillent dans la construction du bâtiment. Seule, isolée, Ceyla pense à son pays lointain ainsi qu'à sa famille. Dès le lendemain matin, elle commence à chercher du travail, mais ce n’est pas facile pour elle.
Sur l’écran, on voit une jeune femme turque, en jeans, et qui fume sans cesse pour oublier ses ennuis. Il y a également une scène dans laquelle elle embrasse son copain français… Est-ce cela le portrait des jeunes turques d’aujourd’hui ? Ceyla est certes le portrait d'une partie de la jeunesse turque, mais elle n’est certainement pas la représentante de toutes les jeunes turques d'aujourd'hui, comme j'ai pu le constater moi-même. 
 

Sur l’écran, on aperçoit ensuite un ouvrier cinquantenaire, habillé en bleu de travail, certainement de couleur blanche à la base, mais devenu plutôt noir aujourd’hui. Il chante dans une mélodie orientale et parle en chinois avec quelqu’un. Dans sa petite cave sans lumière, il cherche quelque chose, et il se met alors à se parler à lui-même dans une langue qui est proche du turc. Au-dessus, dans le couloir du deuxième étage, Ceyla l'entend parler en turc et chercher un briquet. Etonnée de voir un asiatique qui parle sa langue, elle entame une conversation avec cet homme, qui a les yeux bridés, le visage plutôt mat, ainsi qu'une moustache.

 

Je ne vais pas raconter ici tous les détails du film, mais je voulais insister sur la rencontre de ces deux personnages. Deux visages qui n’ont rien en commun : une blonde avec les yeux bleus, et un homme plutôt asiatique avec des yeux bridés. On pourrait croire que la réalisatrice a fait exprès de choisir une jeune fille blonde pour jouer son héroïne, ce qui accentue encore plus le contraste entre ces deux personnages.
Mais cette histoire est en réalité plutôt véridique, et elle s’est en fait déroulée entre la réalisatrice Zencirci, qui est brune avec des yeux verts, et Ahat, le héros du film. Ainsi, au-delà des différences physiques existantes entre les deux personnages, le film éclaire un étonnant point commun entre ces individus : le fait qu'ils parlent la même langue.

 

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