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Lundi 26 janvier 2009
 

Les grandes steppes d'Asie, qui incarnent une certaine image de notre planète, les peuples turcophones qui ont bouleversé l’histoire du monde par leurs empereurs, tels qu’Attila, Gengis-Khan et Tamerlan, sont aujourd'hui oubliés… Qu'en savons nous aujourd'hui : comment ces grands peuples d’hier vivent-ils à l'heure actuelle ?


Passionnée de l’Asie Centrale, la journaliste Sylvie Lasserre nous fait voyager dans le monde « moderne » de cette région, via son exposition « AKSHAM », dont le vernissage aura lieu au Grand Hall de l’EHESS à Paris. L’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Turkménistan et le Turkestan Oriental vous accueillent donc dans cette exposition photographique préparée par Sylvie Lasserre pendant ses cinq années de voyage, entre 2004 et 2009.


La date : entre le 02 février et le 14 février 2009

Le lieu : Grand Hall de l’EHESS (maison des Sciences de l’Homme)

Adresse : 54, Boulevard Raspail

          75006 Paris
Pour plus d'informations :
http://www.photographie.com/index.php?evtid=117337&secid=1&rubid=3 

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Vendredi 26 décembre 2008

Depuis quelques jours, les sites ouïgours sont occupés par un sujet scandaleux aux yeux de leurs internautes. Il s'agit du nouveau film chinois, « L’époque glorieuse de la dynastie Tang », qui est très critiqué de la part du public ouïgour. Ce film raconte la gloire de la dynastie Tang, l’intelligence de son roi, sa notoriété dans le monde entier, etc. Il relève ainsi du style favori des réalisateurs chinois.

Mais pourquoi ce film agite autant la colère des internautes ouïgours ? Dans une des séquences du film, le roi chinois reçoit des délégués envoyés par différents pays pour apprendre la « sagesse chinoise ». Le prophète Mahomet lui-même envoie également un groupe de personnes pour apprendre la méthode chinoise, afin de mieux régner sur son pays. Et c'est là que surgit l'une des causes de la colère des internautes ouïgours : le prophète aurait offert comme souvenir un portrait de lui au roi chinois par l'intermédiaire de ses délégués.

Et, quand on ouvre le portrait, recouvert par un tissu doré, on aperçoit la « photo du prophète » ! Drôle de photo d'ailleurs : visiblement les chinois s'imaginent que le prophète ressemble aux asiatiques !!!

Si les ouïgours ont réagi avec tant de vigueur suite à la diffusion de ce film, c'est que le portrait du prophète n’existe pas. Or, le portrait montré dans le film, qui est visiblement chinois, est présenté comme étant celui du prophète. Dans l’islam, le dessin représentant une création vivante est interdit, excepté dans certains cas, comme par exemple les dessins destinés aux enfants.

L’épisode en question n’a rien de répréhensible en soi : le roi de la dynastie Tang reçoit les délégués du prophète Mahomet en même temps que ceux des autres pays, qui viennent pour le saluer. Le roi exprime son admiration au prophète Mahomet pour l'unification qu'il a réalisé dans la péninsule arabique.

Il est évident que l’histoire est ici détournée pour montrer la puissance de l’empire chinois de l’époque, mais cela reste une des spécificités des réalisateurs chinois. Dans le précédent film historique sorti en Chine, intitulé « La princesse Huan Zhou », le scénariste a mis en scène une version totalement biaisée de l'histoire de la princesse parfumée Ipar Khan, appelée injustement dans ce film par les chinois « Xiang Fei » (la concubine fragrante). Pis encore, dans ce film, le scénariste est incapable de distinguer l’ethnie ouïgour de l’ethnie Doungan (les musulmans chinois). Or ces deux ethnies sont complètement différentes, et leur seul point commun réside dans leur religion.

Pour ce qui est du film sur la dynastie Tang, le scénariste a l'air moins ignorant. L’époque de cette dynastie a bien duré presque 300 ans, entre 618 et 907. Le prophète est décédé en 632, et il se trouve qu’il a envoyé un groupe de délégués, pour régler des questions diplomatiques avec le royaume chinois. Mais le fait d'offrir son portrait ne peut certainement pas être la vérité, et surtout pas la photo qui est montrée dans le film. La question est donc de savoir si ce détournement a été fait de manière intentionnelle ou non. J’espère que la CIA ne va pas regarder ce film, sinon elle va informer son agent Ben La Den pour qu’il provoque encore la colère des musulmans. Ou, pire encore, qu'elle commande à Al Qayda, la cellule terroriste de la CIA, de lancer une bombe sur Pékin. Même si les ouïgours sont actuellement en colère contre cette série de films historiques chinois, ils ne souhaitent aucunement l’explosion de bombes en Chine, parce que ce n’est pas la CIA ou Ben La Den qui seront punis dans ce cas-là, mais bien la communauté ouïgoure.

http://bbs.diyarim.com/read.php?tid=28269 (Visualisez le film)


Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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Lundi 15 décembre 2008

Selon un reportage publié sur de nombreux sites sinophones et anglophones aux Etats-Unis, le fameux attentat de Kashgar, qui a causé la mort de 16 policiers et qui a fait 16 blessés en août dernier, juste avant les JO de Pékin, n’est en réalité rien d'autre qu’une « fabrication chinoise ».

Ce jour-là, les autorités chinoises avaient déclaré qu’un camion était venu, visant les gendarmes qui s'entrainaient, et qu'il s’était écrasé sur eux. Les autorités avait alors accusé les « terroristes ouïgours » d'avoir commis cet attentat inhumain afin de détruire les JO de Pékin. Elles ont également expliqué que certains chauffeurs étaient descendus de camion, pour attaquer les gendarmes avec des couteaux et des bombes.  Les autorités ont compté 16 morts du côté des gendarmes, ce qui fait de cette attaque terroriste la plus meurtrière depuis les années 90.

Mais cet attentat terroriste de Kashgar apparait comme anormal, et ce dès le début, selon l’article publié sur le site DWNEWS, le 30 septembre dernier.  Les armes des terroristes ont d’abord été présentées comme étant des grenades. Ensuite, ce n’étaient plus des grenades mais des bombes, et, enfin, c’étaient le camion ainsi que des couteaux. L’identité des deux terroristes a été révélée : il s'agissait d'un chauffeur de taxi de 28 ans et d'un vendeur de légumes de 33 ans, tous les deux étant des ouïgours. Ensuite, comme tous les sujets sensibles, cette affaire a progressivement été oubliée du public.

Mais les journalistes du « New York Times » ont quant à eux trouvé trois touristes étrangers qui avaient photographié la véritable scène, et ces photos ont été publiées pour la première fois par l’agence Associated Presse.

Ces trois touristes ont également raconté au journaliste du « New York Times » ce qu’ils avaient réellement vu, et leur version des évènements est complètement différente de celle véhiculée par les autorités chinoises. L'un d’entre eux a même pris 27 photos de la scène, photos qui confirment leurs propos. 

Le 29 août, le « New York Times » a publié un reportage du journaliste Edward Wong, intitulé « Les doutes montent sur le compte d’un attentat en Chine ». Cet article montre clairement le décalage existant entre ce qui est raconté par les trois touristes par rapport aux dires des autorités chinoises, surtout que ces témoins affirment n'avoir entendu aucune explosion de bombe. De plus, les terroristes qui ont utilisé des couteaux et qui ont coupé les bras des gendarmes étaient, selon eux, également des gendarmes. Ils affirment qu’ils ont vu très clairement que l’homme qui a attaqué ces policiers était habillé du même uniforme vert.


Ce témoignage soulève plusieurs questionnements : Pourquoi les gendarmes ont-ils utilisé des couteaux ? Est-ce parce qu’ils voulaient se venger ? Est-ce parce que certains des agresseurs se sont déguisés en gendarmes ? Ou encore était-ce un conflit intérieur entre les gendarmes ?  En effet, un témoin affirme qu'un groupe de policiers s'est attaqué à d'autres policiers.
Par peur d’être agressés par le gouvernement chinois, ces quelques témoins n’ont pas voulu révéler leur identité.
Les autorités chinoises n’ont, quant à elles, pas voulu se prononcer par rapport à ce témoignage.
L’attentat du 4 août n’a été que le début d'une série de cinq attentats, commis l'un après l'autre à Kashgar. Le gouvernement chinois a évidemment attribué tous ces attentats aux séparatistes ouïgours.  Selon les autorités, ils auraient coûté la vie à 21 gendarmes ainsi qu'à un civil dans leur totalité.

Le 5 août dernier, le secrétaire du parti de la région de Kashgar, Shi Da Gang, a affirmé que les terroristes étaient deux ouïgours, un chauffeur de taxi et un vendeur de légumes. Il a ajouté que l'attentat aurait fait 16 blessés parmi les gendarmes.  Shi Da Gang raconte que ce jour-là, un homme conduisait le camion, et que l’autre s'est mis à courir en direction des gendarmes avec une arme à la main. Il dit qu’avant d’être capturés, ces deux hommes ont eu le temps de lancer tous les deux une bombe.  Après l’arrestation, les gendarmes ont découvert sur ces deux hommes neuf bombes ainsi que des couteaux.

Shi Da Gang n’a cependant jamais indiqué que les terroristes étaient habillés en uniforme de gendarmes, ce qui n'a d'ailleurs pas été non plus relevé par les autorités chinoise. Le journal anglophone « Le Matin », de Hong Kong, avait quant à lui évoqué l’utilisation de policiers locaux, mais il refuse désormais de parler de cette question.
Depuis longtemps, la Chine a l'habitude d'attribuer tous les actes anti-chinois qui se déroulent dans la région ouïgoure à un groupe méconnu, intitulé le « Mouvement Islamiste du Turkestan Oriental ».

Mais la version qui a été racontée par quelques témoins qui ont vu la scène ne correspond pas du tout à la version officielle. Le 26 août dernier, quand un journaliste avait demandé à un ouïgour, qui était passé en voiture devant le lieu de l’attaque, s’il considère que ce sont des terroristes qui ont planifié l’attentat, l’homme a répondu : « ils parlent d’une chose, nous parlons d’une autre ». De la même manière, les autres ouïgours qui ont répondu au journaliste affirment que les agresseurs avaient subi des injustices, et c’est la raison pour laquelle ils se sont révoltés.

Les trois témoins étrangers disent qu’ils ont pu voir tout ce qui s’est passé depuis l’Hôtel Barony, qui se situe en face de l’avenue où se trouvent le bâtiment officiel de la gendarmerie ainsi que le petit hôtel où s’est déroulé l’attentat. Comme nous l'avons déjà évoqué, l'un de ces touristes a pris des photos de l'évènement, et trois d'entre elles ont ensuite été publiées par l’Agence Associated Presse. Il a livré les 24 autres au « New York Times ».

Le touriste qui a pris ces photos explique que le 4 août, à 8h du matin, alors qu’il rangeait son sac à dos à côté de la fenêtre, il a entendu un bruit de collision. Quand il a regardé dehors pour voir ce qui se passait, il a vu un gros camion se jetter contre un groupe de gendarmes après avoir heurté un pilier. Les autorités chinoises disent quant à elles que ce camion a attaqué un groupe de 70 gendarmes, qui couraient dans la rue.  

Ce photographe a raconté qu'ensuite, le camion a heurté un poteau de ligne électrique, ou un poteau téléphonique, et s’est finalement écrasé contre la grande porte d’un autre hôtel, dans la même rue, l'hôtel Yi Quan. Un homme, habillé d'une chemise blanche avec des manches courtes, est alors descendu du siège du chauffeur. Une fois hors du camion, étant gravement blessé, il n’a pas pu se lever et il est donc resté à terre pendant 4-5 secondes.

Le photographe est immédiatement sorti de sa chambre pour aller chercher ses deux compagnons de voyage (un ami et un membre de sa famille), qui résidaient dans une autre chambre. Ils avaient eux aussi entendu des bruits, et couraient déjà dans le couloir. Les trois hommes se sont précipités vers la fenêtre de la chambre du photographe, ce dernier expliquant qu’il a quitté la chambre une minute seulement. Or, quand ils sont revenus, le chauffeur de camion n’était déjà plus là.

Son ami raconte les faits ainsi : « La première chose que j’ai vu, c'est le gros camion devant le bâtiment qui nous faisait face. 15 hommes environ étaient tombés à terre. Leurs habits étaient en désordre, et l'un d'entre eux, qui ne bougeait plus et gardait la tête baissée, était maculé de sang et sa blessure paraissait assez grave »

Ce témoin continue : « C’était très étrange, j’ai senti quelque chose de bizarre. Je me demandais ce qui s’était passé ».

Ces trois témoins racontent qu’ensuite, les choses sont devenues encore plus étranges. Ils ont vu deux hommes, habillés en vert, qui tenaient des couteaux et qui ont commencé à s'attaquer à ceux qui étaient par terre, et qui étaient pourtant habillés du même uniforme.

L’ami du photographe dit que lorsqu’il a vu ces deux hommes, habillés en uniforme de gendarme, qui s'attaquaient à des hommes qui étaient vêtus du même uniforme, il a senti que quelque chose de vraiment bizarre se déroulait ici.

 Ces trois témoins étaient véritablement choqués, ils se regardaient avec terreur et se demandaient : « Pourquoi ces deux gendarmes coupent les bras de leurs camarades ? »

A ce moment là, le photographe a pris son appareil numérique, il s'est caché derrière la fenêtre et a commencé à prendre des photos. La première photo a été enregistrée à 8h04, la dernière à 8h07. La première n’est pas vraiment nette, car le photographe a été dérangé par des arbres qui lui cachaient la vue. Mais malgré la qualité de la photo, on peut tout de même voir quelques gendarmes à terre, entourés d'autres restés debout.

Ce photographe raconte que deux gendarmes se sont agenouillés en direction de son hôtel, avec leurs bras attachés dans le dos. Un autre gendarme a commencé à les frapper avec des couteaux.

Le photographe continue : "Le visage de l’homme qui frappait à l'aide de son couteau était plein de sang, tout comme celui de nombreux autres gendarmes. D'autres marchaient dans la rue, comme s'ils étaient perdus. D'autres encore restaient assis dans la rue. Je crois qu’ils étaient probablement terrifiés. Quelques uns couraient dans la rue en se tenant le cou."

Ces trois touristes racontent que pendant que tout cela se déroulait, le camion est resté immobile tout en faisant un petit bruit, comme s’il allait bientôt exploser. Des brouillards noirs commançaient à sortir de la partie avant du camion.

La façon de raconter la scène diffère quelque peu entre le photographe et son ami. Ce dernier a vu les deux hommes habillés de l'uniforme vert des gendarmes, qui coupaient les bras de ceux qui étaient à terre. L'un de ceux qui était à terre bougeait encore un peu, même s'il était apparemment gravement blessé.

La version du parent du photographe est encore légèrement différente des deux précédentes. Il dit qu’un homme en uniforme vert arrivait du côté du camion, qu'un gendarme s'est mis à courir vers lui et lui a coupé le bras. L’homme en uniforme a alors commencé à lui faire la même chose.

Ce proche du photographe affirme que l’homme en uniforme, qui a été blessé par couteau, est tombé par terre, et qu'ensuite un autre gendarme est venu pour lui donner des coups de pied.

Selon ce qui est raconté par ces touristes, il y a au moins un point qui reste clair malgré les différenciations qui peuvent exister entre les trois versions: ceux qui tenaient des couteaux étaient bel et bien des gendarmes, et non pas des bandits comme les autorités chinoises l'ont affirmé, parce qu’ils ont communiqué avec les autres gendarmes qui étaient sur place.

Les touristes disent que les attaquants munis de couteaux avaient une ou deux minutes devant eux. L’ami du photographe a également vu qu’un des gendarmes qui utilisait un couteau l’a tendu ensuite à un autre gendarme, qui tenait lui aussi un couteau. La photo prise par le photographe montre effectivement un gendarme qui tient deux couteaux.  Une autre photo montre qu’un gendarme tient une carabine portant un couteau, et ce genre d’arme est très rare en Chine.

Les touristes disent que les autres gendarmes ont fait semblant de disperser le foule, qui venait pour voir la scène. Et c'est à ce moment là qu'un des gendarmes a vu ce touriste étranger muni d'un appareil photo, à la fenêtre de l’hôtel d'en face.

Quelques touristes disent que cinq heures après l'évènement, les gendarmes ont fermé l’hôtel où ils résidaient, et ont commencé à interroger tout le monde. Les touristes disent que ces gendarmes n'étaient pas menaçants, mais qu'ils n’arrêtaient pas de demander qu'on leur donne les photos ainsi que les appareils. Le proche du photographe raconte : « Ils nous ont demandé si nous avons pris des photos, et nous leur avons répondu que non. Ils nous ont demandé si nous avions envoyé des emails à l'étranger, et nous avons encore répondu non. »

Le photographe a aperçu durant le repas de midi que les corps qui étaient couverts de tissu blanc étaient emportés dans des camions qui étaient équipés de wagons. L'après-midi, quand les touristes ont été autorisés à sortir, il a vu que des employés commençaient à nettoyer la rue avec des tuyaux d’eau.

Vous pouvez visualiser les photos sur le site du
New York Times.

Par Ouïgour - Publié dans : Actuelité de la région ouïgoure
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Lundi 8 décembre 2008

La Chine n’est certainement pas un pays idéal pour les personnes âgées. Au regard de l’absence de sécurité sociale pour les citoyens, les familles de classe populaire évitent généralement de se faire soigner dans les hôpitaux, par manque de moyens. C'est pour cela qu'il est très fréquent de voir dans les rues des personnes handicapées qui sont devenues des mendiants. En France, ce genre de choses n'existe pas, car le service de sécurité sociale assure à tout le monde d'avoir accès à un minimum de soins. Je pense que ces mendiants chinois, qui sont handicapés, sont issus de familles défavorisées et, faute de moyens financiers suffisants, ils n’ont pas pu avoir accès à des soins adéquats, et ce dès le début de leur maladie. Ainsi, faute de moyens, des petits problèmes de santé peuvent devenir de gros handicaps, qui les conduisent ensuite à une vie de mendiants. 
De plus, certains médecins dans les hôpitaux sont prêts à opérer des malades, et cela même s’ils ne sont pas sûrs de leurs capacités. Beaucoup de patients deviennent ainsi handicapés à cause d’une opération qui a été mal effectuée. Et, bien évidemment, ils ne réussissent jamais à se faire entendre auprès de la justice pour avoir des compensations financières. 


Depuis quelques années, des compagnies d’assurance chinoises ont poussé comme des champignons dans toutes les villes, y compris dans celles de la région des Ouïgours. Mais il reste difficile de convaincre les gens de cotiser à ce type de prestation, car personne ne croit plus  à l’existence du mot « remboursement » en Chine. Beaucoup de gens qui ont souscrit à une compagnie d’assurance se sont effectivement souvent fait arnaqués, sans jamais avoir été remboursés. Ainsi, seuls les fonctionnaires qui bénéficient d’une assurance publique peuvent aller se faire soigner dans les hôpitaux.

Malgré cette réputation négative des compagnies d’assurance auprès des citoyens chinois, quelques géants de ce secteur ont néanmoins réussi à s’imposer dans toutes les villes, grâce à une publicité massive. Mais toutes ces assurances concernent généralement uniquement les personnes qui sont âgées de moins de cinquante ans, et qui ne connaissent aucun problème de santé. Au-delà de cet âge-là, on est privé d’assurance. De plus, si vous êtes malades avant de prescrire à une compagnie d'assurance, en aucun cas vous ne pourrez être remboursés. Il est évident que garantir une assurance pour les personnes âgées, qui tombent malades plus régulièrement que le reste de la population, engendrerait des pertes évidentes pour les assureurs, qui ne préfèrent pas prendre ce risque. C'est pour cela que nous n’avons pas réussi à trouver une compagnie d’assurance pour notre mère cinquantenaire : les sociétés d’assurance en Chine vous accueillent chaleureusement...mais uniquement si vous êtes jeunes et en une bonne santé.

Par Ouïgour - Publié dans : Articles généraux
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Mercredi 8 octobre 2008

Je ne comprend vraiment pas l’attitude des médias français envers les causes ouïgoure et kurde. En effet, tous les médias traitent les ouïgours de terroristes quand il s’agit d'« attaque » ou de « menace » contre la Chine. J’ai mis entre guillemets ces expressions, car ces faits ne sont pas des actes véridiques, mais bien des mises en scène. De plus, l’organisation ouïgoure « le Mouvement islamique du Turkestan oriental », qui est un mouvement totalement inconnu des Ouïgours, est pourtant classée par les Etats-Unis comme étant une organisation terroriste. Le nom de cette organisation est également un terme qui semble plaire aux médias français, qui l'utilisent beaucoup. Dans la langue ouïgoure, une expression peut illustrer parfaitement cette attitude des médias par rapport à cette organisation dite terroriste : « être heureux comme si l'on a trouvé de l’or ». 
 

A l'inverse, les Kurdes du PKK, qui ne cessent pourtant de causer la mort de soldats et de civils turcs (44 000 selon un article paru le 7 octobre 2008 dans 20 minutes), ne sont jamais traités de terroristes. Les médias français préfèrent les appeller les « rebelles » kurdes, ou, au pire, les « séparatistes ». Si les Ouïgours avaient réellement commis des actes terroristes, je n'ose même pas imaginer de quelle manière nous serions appelés dans les médias. Chez nous, une expression parle de « payer le repas qu’on n’a pas mangé ». Les médias français font ainsi payer aux Ouïgours un repas que l’on n’a même pas commandé.

 

Je crois que notre cause n'a aucune chance d'être soutenue par les médias occidentaux, car nous sommes un peuple musulman, et colonisés par des chinois. Dans ce contexte, il est plus facile de nous traiter de terroristes que de lutter à nos côtés. Si nous étions au contraire colonisés par un pays musulman, nous serions aujourd’hui traités « de héros » ou « d'avant-gardistes » de la liberté. Nous serions soutenus par l’Occident, et notamment par la France, pour lutter pour notre indépendance. Et même causer des actes terroristes ne serait alors pas choquant au regard des médias occidentaux. Nos actions seraient au mieux qualifiées de « lutte légitime », et, au pire, nous serions traités de « rebelles », comme le PKK.

 

C'est pour cela que je pense que ce parti des « Kurdes Rebelles » a, dans une certaine mesure, de la chance : s’ils étaient en Chine, comme nous, j'ai de la peine à imaginer leur maintien jusqu’à aujourd’hui. Mais tant mieux s’ils arrivent à emmerder la Turquie...voir une Turquie divisée, pauvre et qui dépend de l’Occident, voilà ce que les occidentaux attendent. D'autant plus qu'actuellement, ce pays fait peur à la France, surtout depuis sa demande d’adhésion à l’Union Européenne. Dans ce contexte, les médias français ne vont pas chercher à insister sur les actes terroristes du PKK. 

 

Quant à nous, les Ouïgours, il ne nous reste plus que ce slogan : « Bonne chance à vous, les terroristes ! »

Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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Mardi 7 octobre 2008

Le film « ATA » a été projeté le 18 septembre, vers 20h, dans un petit entrepôt près du métro Parnety, dans le 14ème arrondissement de Paris. Il s'agissait du dernier court-métrage projeté ce soir-là, dans le cadre du Festival de Contis, suite à la projection de six autres films courts.

 

L’héroïne du film, Ceyla, est une étudiante francophone turque, qui vient en France pour suivre son copain français, Eric. Au moment où elle arrive à Paris, Eric doit partir dans une autre ville pour son travail. Ceyla reste donc dans un immeuble, avec des gens qui travaillent dans la construction du bâtiment. Seule, isolée, Ceyla pense à son pays lointain ainsi qu'à sa famille. Dès le lendemain matin, elle commence à chercher du travail, mais ce n’est pas facile pour elle.
Sur l’écran, on voit une jeune femme turque, en jeans, et qui fume sans cesse pour oublier ses ennuis. Il y a également une scène dans laquelle elle embrasse son copain français… Est-ce cela le portrait des jeunes turques d’aujourd’hui ? Ceyla est certes le portrait d'une partie de la jeunesse turque, mais elle n’est certainement pas la représentante de toutes les jeunes turques d'aujourd'hui, comme j'ai pu le constater moi-même. 
 

Sur l’écran, on aperçoit ensuite un ouvrier cinquantenaire, habillé en bleu de travail, certainement de couleur blanche à la base, mais devenu plutôt noir aujourd’hui. Il chante dans une mélodie orientale et parle en chinois avec quelqu’un. Dans sa petite cave sans lumière, il cherche quelque chose, et il se met alors à se parler à lui-même dans une langue qui est proche du turc. Au-dessus, dans le couloir du deuxième étage, Ceyla l'entend parler en turc et chercher un briquet. Etonnée de voir un asiatique qui parle sa langue, elle entame une conversation avec cet homme, qui a les yeux bridés, le visage plutôt mat, ainsi qu'une moustache.

 

Je ne vais pas raconter ici tous les détails du film, mais je voulais insister sur la rencontre de ces deux personnages. Deux visages qui n’ont rien en commun : une blonde avec les yeux bleus, et un homme plutôt asiatique avec des yeux bridés. On pourrait croire que la réalisatrice a fait exprès de choisir une jeune fille blonde pour jouer son héroïne, ce qui accentue encore plus le contraste entre ces deux personnages.
Mais cette histoire est en réalité plutôt véridique, et elle s’est en fait déroulée entre la réalisatrice Zencirci, qui est brune avec des yeux verts, et Ahat, le héros du film. Ainsi, au-delà des différences physiques existantes entre les deux personnages, le film éclaire un étonnant point commun entre ces individus : le fait qu'ils parlent la même langue.

 

Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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Lundi 8 septembre 2008
Les jeunes réalisateurs Cagla Zencirci & Guillaume Giovanetti viennent de terminer un film court, qui retrace la vie d'un immigré ouïgour en France. Ce film est intitulé "ATA", ce qui signifie "père" en français.

Ce court métrage en couleurs dure 26 minutes. Bien qu'il soit court, cela reste quand même un bon début pour une présentation de la communauté ouïgoure en France. Le nombre des immigrés ouïgours en France est effectivement ridiculement petit, puisqu'il représente près de 10 familles seulement. Il faut savoir que les réfugiés ouïgours sont souvent refusés en France, et même ceux qui y parviennent peuvent se voir reconduits vers la Chine à tout moment.

Le film a été présenté au festival international du cinéma 2008 de Valence, et également au festival international du court-métrage 2008 de Clermont-Ferrand. Il
a reçu à Créteil le Prix du Meilleur Court-Métrage français, le Prix du Public, ainsi que le Prix de Fresnes ex-aequo avec un autre court-métrage.

Le jeudi 18 septembre 2008, "Ata" sera projeté dans le cadre du festival de Contis à 18h :

l'Entrepôt – 7 rue Francis de Pressensé – 75014 Paris

Vous êtes donc les bienvenus à cette projection, et vous pouvez aussi passer l'information à vos amis qui souhaiteraient voir ce film. Un vote du public est aussi en projet afin de soutenir ce film, donc n'hésitez pas à venir nombreux. Les réalisateurs seront présents et présenteront leur équipe.

Un court descriptif de "Ata":

Ceyda, jeune femme turque francophone d'origine aisée, arrive en France pour rejoindre l'homme qu'elle aime. Très vite, elle doit faire face à des difficultés et une solitude aussi soudaines qu'inattendues. Jusqu'au moment où elle rencontre, sur un chantier, un vieil asiatique qui s'avère parler une langue inconnue mais proche de la sienne. Cet homme du bout du monde semble avoir les mêmes problèmes qu'elle.


(PS :  ATA passe en dernier, après 6 autres films, ce qui fait qu'il sera probablement projeté vers 19h15 ou 19h30)
Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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Jeudi 21 août 2008
L'accès à l'iTunes Store a été bloqué à plusieurs endroits de Chine cette semaine, suite à la mise en ligne sur la plateforme d'Apple d'un album de soutien à la cause tibétaine ainsi qu'au Dalaï Lama. Baptisé Songs For Tibet, cet album rassemble une vingtaine de titres émanant d'artistes comme Sting, Moby ou Ben Harper, et il est une initiative de la fondation Art of Peace.

Proposé à la vente depuis le 5 août dernier, et déjà fort bien classé dans les charts internationaux, Songs For Tibet a été proposé en téléchargement gratuit aux athlètes actuellement en lice à Pékin. Selon l'association Campaign For Tibet, plus de quarante d'entre eux l'auraient téléchargé : un acte à forte dimension politique, et qui n'aurait pas particulièrement plu au gouvernement chinois.

D'après le site China.org., qui est la voix plus ou moins officielle du gouvernement chinois, la publication de cet album aurait suscité des manifestations de colère au sein de la population, certains Chinois allant jusqu'à appeler au boycott des produits Apple, pour punir la firme d'avoir proposé Songs For Tibet en téléchargement.

Source: http://www.clubic.com/actualite-156988-album-soutien-tibet-itunes-bloque-chine.html

Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur TIC
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Mardi 19 août 2008

Selon une information révélée lundi 18 août dans le journal britannique le "Times", la compagnie d'aviation chinoise aurait arrêté momentanément trois pilotes ouïgours, en raison de la sécurité pendant les JO.

L'affaire a été rapportée par un haut responsable du bureau central d'aviation chinoise aux journalistes du Times. La direction de ce bureau au Xinjiang a cependant refusé d'admettre cette information.

Ce responsable de l'aviation à Pékin aurait ainsi affirmé au Times : "Dans le secteur de l'aviation, il n'y a que trois pilotes ouïgours. Ils ont tous les trois été informés de cesser de piloter, et ce au moins jusqu'à la fin des JO."

Les responsables de l'aviation à Urumchi, la capitale ouïgoure, ont quant à eux accusé le Times de publier de fausses informations. L'un d'entre eux a affirmé qu'il y aurait une centaine d'employés ouïgours dans les compagnies aériennes Xinjiang Airlines et Southernchina Airlines. De plus, il n'aurait jamais entendu parler de l'affaire de ces trois pilotes.

Selon des sources incertaines, les voyageurs ouïgours auraient été empêchés d'acheter un billet d'avion pour Pékin.

Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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Mercredi 6 août 2008
A quelques jours des JO, la Chine a multiplié les dénonciations d' "attaques terroristes" commises par des Ouïgours. Pourtant, même la population locale n'est pas au courant de ces attentats, ni des précédents.

Selon les médias du monde entier, les autorités chinoises n'ont présenté aucune preuve pertinente montrant que des attentas ont réellement eu lieu. Il faut savoir qu'en Chine, la seule source d'informations est l'agence Chine Nouvelle, qui est également le porte parole du Parti Communiste Chinois.

Si les dires des autorités concernant ces actes terroristes étaient vrais, dans ce cas, pourquoi les policiers locaux surveillent-ils autant les journalistes qui veulent savoir la vérité? L'agression de deux journalistes japonais par des policiers est révélatrice des méthodes employées par les autorités chinoises : la violence gratuite ainsi que le mensonge. Si l'agence officielle a ouvertement annoncé une nouvelle aussi bouleversante, pourquoi cache-t-on le lieu de l'attentat ? Pourquoi personne n'est au courant de rien? De plus, si des journalistes étrangers sont agressés aussi violemment juste pour avoir photographié les rues, est-il difficile d'imaginer la violence quotidienne subie par la population locale? Et, pis encore, est-il difficile d'imaginer la violence et la torture qui sont à l'oeuvre dans les prisons ?

Aucun Ouïgour ne soutient des actes de violence, et ce contre n'importe qui, quelque soit nos propres revendications. Nous avons un proverbe qui est répété quotidiennement chez nous : "Le sang ne peut pas laver le sang".

Par Ouïgour - Publié dans : Articles sur les Ouïgours
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