Pour la première fois depuis les évènements sanglants de 5 juillet dernier, les autorités chinoises ont annoncé le
29 juillet la liste de 15 suspects qui seraient responsables des troubles, d’émeutes.
La police a enjoint ces suspects de se rendre, leur promettant d'être jugés avec clémence s'ils se présentaient dans
les dix jours, et sinon d'être punis sévèrement. D’après les enquêtes menées par la RFA, seulement une de ces suspects est identifiée clairement par la radio. Roshangul Talet, 37 ans, originaire
d’Urumqi et employée de la Commission Commerciale de la capitale. Selon les enquêtes, elle n’était pas présente dans la manifestation de 5 juillet. Elle a été arrêtée le 8 juillet lors de
« frappe fort » de force d’ordre qui a pénétré dans les foyers ouïgours de la ville. Son arrestation a eu lieu illégalement sans aucune explication. Elle a été amenée à la prison de
Shimigo d’Urumqi sans même prévenir sa famille.
Les dissidents ouïgours à l’étranger dénoncent un nouveau scénario pour manipuler le public l’intérieur et
l’extérieur de la Chine. La présidente du Congrès Mondial Ouïgour demande à la Chine de donner des explications claires au monde sur la disparition de 10000 ouïgours depuis le 5 juillet. Furieux
des images soigneusement montées par les autorités chinoises qui réclament la majorité des victimes sont des Han, la diaspora ouïgoure espéreront une délégation internationale indépendante dans
la région pour trouver le chiffre exact et les réelles victimes de ces évènements.
Le 58ème Festival International du film de Melbourne a été banni par la Chine après avoir rien obtenu de
ses menaces sur un film « trop dangereux » à ses yeux dans ce festival qui commencera début août 2009.
Le film en question « 10 conditions pour aimer », réalisé par le producteur indépendant Jeff Daniels. Il
raconte l’histoire d’une femme extraordinaire et ses parcours peu commun dans la lutte pour droit de l’homme. Cette femme est l’ennemi public numéro 1, Rabiya Kadeer, la présidente du Congrès
Mondial Ouïgour.
Le consulat général de la Chine à Melbourne avait téléphoné le président du festival en demandant de retirer le film
de Daniels et annuler l’invitation de Rabiya Kadder qui est attendue par le festival le 8 août prochain.
« Mme Chen du consulat chinois à Melbourne m’a téléphone en urgence pour demander l’annulation du film de
Daniels et la présence de Mme Kadeer », a affirmé le président du festival international du film de Melbourne, Richard Moore dans une interview accordée à ABC Télévision d’
Australie.
Trois films chinois, dont « Perfect Life », « Petition » et « Cry Me a River » sont
retirés du festival après le refus de Richard Moore. Le producteur Daniels du film « 10 Conditions pour aimer » a dit qu’en insistant sur ses menaces sur son film, la Chine a fait une grande publicité pour ce film que Daniels n’aurait pas pu se permettre au niveau
financier.
Lors de nombreuses conférences de presse données par les autorités chinoises sur les dernières représailles
d’Urumqi, la Chine a promis devant les journalistes du monde entier qu’elle punira très sévèrement les « émeutiers » et elle attribuera la peine capitale aux organisateurs de la
manifestation du 5 juillet dernier.
Paradoxalement, elle n’avait pas cessé d’accuser la présidente de Congrès Mondial Ouïgour d’avoir organisé ces
« émeutes ». Si c’est le cas, pourquoi la Chine cherche encore « les organisateurs » ? Selon ses propres promesses, est-ce que Pékin veut bien arrêter Rebiya Kadeer
qui se trouve aux Etats-Unis et de la condamner à la peine de mort ? Si les autorités chinoises condamnent certains manifestants à la peine capitale, cela veut dire qu’elles ont trouvé les
« organisateurs » ? Cela veut dire aussi que l’accusation chinoise contre Mme Kadeer n’est pas crédible et de plus Pékin approuve ouvertement la non crédibilité de son discours,
n’est-ce pas ?
Revenons à la promesse de Pékin : les personnes arrêtées seront punies très sévèrement. Nous faisons notre
entière confiance en capacité des autorités chinoises sur la punition et la torture. La manifestation du dimanche 5 juillet était organisée par les jeunes étudiants des universités d’Urumqi. Lors
de représailles de Gouldja en février 1997, la manifestation pacifique était organisée par les jeunes qui ne veulent pas la violence. A la télé, les autorités avaient déclaré qu’on peut arrêter
1000 innocents par faute, mais il ne faut surtout pas louper un seul dehors. Cela se traduit par la stratégie chinoise « lancer la toile la plus large possible et pêcher tout ce qu’on
trouve ». Selon l’information officielle de la Chine, le nombre de personne arrêté a atteint autour de 2000. On ne sait pas le chiffre réel. Selon la promesse publique des autorités, les
étudiants qui se sont réunis dimanche sont très certainement tous arrêtés. Malgré leur drapeau chinois lors de la manifestation, ils seront exécutés, car la Chine tient sa promesse.
Urumqi, un mégapole de 2 millions d’habitant (le recensement en 2000) embrasse 13% ouïgours contre 83% chinois. La
manifestation était perturbée vers 21h. Selon la Radio Free Asia, la nuit, le quartier ouïgour serait coupé de l’électricité (pour faciliter le massacre, pour attaquer dans la nuit comme ils ont
fait à Shaoguan ?). Ayant passé toute notre vie dans une humiliation quotidienne, comment nous-les ouïgours qui sont en France aujourd’hui, pouvons croire que la majorité des victimes sont
chinois ? Devant la réalité de comparaison démographique, comment le monde peut croire à la version chinoise de ces massacres ?
Envahis, réprimés, méprisés, humiliés durant plus de 50 ans dans leur propre pays, quelques jeunes osent à dire
« justice ! ». Encore plus de répression : tabassés à mort à Canton, tabassés à mort à Urumqi par la police d’abord, ensuite par les civils chinois qui sont protégés par
l’Etat, donc avec plus de courage, pénétrés dans le quartier ouïgours et tué toute l’âme qu’ils trouvent. Maintenant la punition : c’est encore réservés aux Ouïgours. Mon pauvre ouïgour,
est-ce que tu n’as pas d’autre voie que d’être humilié, d’être réprimé, d’être tabassé ensuite d’être exécuté ? Il n’y a pas une porte ouverte ?
L'Association des Ouïghours de France va lancer une deuxième manifestation à Paris à la Place de la République, samedi
le 18 juillet 2009 à 12h00. L’ensemble de la communauté ouïghoure à Paris va se réunir, encore une fois, pour montrer leur solidarité avec les ouïghours du monde entier et leurs colères contre les
injustices et politique discriminatoire de Pékin. Venez nombreux avec vos proches et vos amis pour soutenir et dire "CHINE: STOP AU MASSACRE DU PEUPLE OUÏGHOUR!".
L'heure : 12h00
Date : Le 18 Juillet 2009
Lieu de rassemblement : Place de la Repbublique (Métro: lignes 3, 5, 8, 9, 11; République)
Association des Ouïghours de France
http://www.ouighour.fr
email : sos.ouighour@gmail.com
AIDEZ-NOUS ET APPORTEZ VOTRE SOUTIEN http://www.ouighour.fr/donation.htm
Le 10 juillet dernier, une troisième manifestation a eu lieu après la prière de vendredi devant la Mosquée Blanche dans le quartier
ouïgour à Urumqi.
Les manifestants ont crié des slogans comme "Nous voulons la liberté!", "Libérez les prisonniers innocents!". Associated Press apporte que l'une des manifestants qui s'appelle Medine Ahtem a
expliqué aux journalistes étrangers en anglais le danger dans lequel vivent son peuple. Elle a également demandé aux journalistes de rester avec les manifestants.
Un autre jeune manifestant a accusé le gouvernement de laisser les meurtres cantonnais en dehors de loi. Très vite, les manifestants sont encerclés par les forces de l'ordre. Ces derniers les ont
arrêté et ils ont dispersé les journalistes.
La Chine a déployé un maximum de moyen militaire pour réprimer la manifestation de 5 juillet dernier à la capitale ouïgoure et a causé officiellement 184 morts et plus d'un millier des blessés. Les
sources non confirmées apportent que les hôpitaux auraient reçu l'ordre de ne pas accepter les blessés ouïgours,ce qu'on ne peut pas exclure cette éventualité pour montrer aux médias le nombre de
blessés plus important que celui des ouïgours. Lors de massacre de Gouldja en février 1997, les blessés ouïgours étaient refusés devant nos yeux par les hôpitaux qui avaient fermé leur porte.Plus
de 1400 arrestations, très majoritairement ouïgour, sans doute, les journalistes étrangers sont surpris de cette troisième manifestation dans une ville sous couvre-feu.
Les autorités chinoises avaient déclaré le retour au calme dans la capitale. Jeudi soir, le gouvernement a ordonné à fermer les mosquées pour la prière de vendredi en demandant aux ouïgours de
prier chez eux. Les mosquées sont prises sous contrôle policière.
Selon AP, Reuters et BBC, malgré l'ordre de fermeture des mosquées, il y'avait nombre important des fidèles qui se rendent devant les mosquées, certaines mosquées sont reouvertes afin d'éviter un
nouveau conflit. Un policier qui garde la Mosquée Blanche a informé le journaliste d'AP qu'ils étaient obligés de rouvrir la mosquée devant la foule qui insiste.
La chaîne de télévision KANAL D a contacté un jeune ouïgour d’Urumchi le 8 juillet dernier. Voici la vidéo de
l’interview. La retranscription de témoignage est donnée au dessous de la vidéo :
Deux étudiants ouïgours sont tués par un groupe de chinois:
T : La police ne laisse pas sortir dehors. Si on sort, on ne peut plus rentrer à la maison et les gens sont en
trains de mourir sous le coup des chinois. Toutes les rues sont pleines du sang, partout, plein de corps morts, on ne sait pas qui est vivant qui est mort...
Journaliste : Vous êtes où en ce moment ?
Témoin : Je suis resté à la maison, j’obtiens ce qui se passe uniquement par téléphone. En plus les lignes
téléphoniques sont coupées, j’utilise le téléphone satellite. Tout est sous contrôle de l’Etat. On ne sait même pas le sort de notre voisin. On ne sait pas on sera mort ou vivant tout à
l’heure.
Journaliste : Est-ce que les turcs (ouïgours) restent en groupe ou séparés ?
Témoin : Les gens qui sont restés à la maison ne peuvent pas sortir. Dehors, autour du quartier de la gare
ferroviaire, il y a environs 2-3000 ouïgours restent en groupe. Hier soir, les jeunes chinois ont attaqué les maisons ouïgours autour du quartier et on tué une centaine. Ils ont égorgé une femme
avec deux enfants et ils l’ont jeté dans la rue toute nue. Impossible de rester séparément ou même pas un petit groupe, sinon tout de suite seront tués par les chinois.
Journaliste : ça s’est passé à la gare ferroviaire ?
Témoin : oui, dans le quartier de la gare ferroviaire. Depuis trois-quatre heures, les hélicoptères
surveillent au dessus du quartier ces grands groupes ouïgours.
Journaliste : Si vous restez à la maison, pour vos besoins quotidiens comment vous faites ?
Témoin : On ne peut pas sortir, on nous a ordonné de rester à la maison. Selon ce que j’ai entendu que l’Etat a
donné un bilan de 160 morts, à mon avis et au moins selon tout ce que j’ai vue depuis dimanche, le nombre de mort est autour de 8-900. En plus, là-dans, les chinois qui sont morts ne dépassent
pas 30, le reste est des ouïgours. Et…
Journaliste : Oui, continuez…
Témoin : Le premier jour au moins 200 morts. C’était purement une manifestation pacifique, c’est après qu’elle
est devenue à un affrontement. J’étais là.
Journaliste : mais comment vous faites pour vos besoins quotidiens si vous ne sortez pas ?
Témoin : Pour l’instant on se débrouille avec tout ce qu’on a à la maison. Mais, là le plus important ce n’est
pas nos besoins matériels, mais surtout notre vie. On peut être attaqué même à la maison à tout moment par les chinois.
Journaliste : Quelle est votre identité ? Vous êtes chez vous en ce moment ?
Témoin : Je suis chez moi, mais je ne peux pas donner mon nom.
Journaliste (vers les téléspectateurs) : Vous êtes en trains d’assister à un témoignage direct d’Urumchi
sur ce qui se passe en ce moment au Turkestan Oriental…
Témoin : Les télévisions ont montré les images données par les chinois. Ils ont montré les blessés chinois,
mais ce n’est pas la vérité. Personne ne parle de la vérité, il y a tellement de chinois à Urumchi par rapport aux ouïgours, comment c’est possible d’avoir autant de victime chinois ?
Effectivement le premier jour, le 5 juillet, un petit groupe d’ouïgour ont attaqué les chinois, mais par rapport le nombre de victime ouïgour, ce n’est rien du tout. Les images qu’on peut voir
par la télé chinoise c’est uniquement ce petit groupe, on pense même que c’est un engagement de l’Etat pour faire une scène, un piège. Nous sommes en trains de mourir publiquement dans la rue, et
personne n’en parle. Et l’Etat ferme les yeux devant les meurtres commis par les chinois dans la rue….
"Je viens d’avoir au téléphone avec Urumchi. La situation est plus qu’inquiétante. Les colons Han chinois ont
déjà passé à l’action, ils sont en trains de tuer tout ouïgour qu’ils trouvent. Le nombre de magasins ouïgours détruits a largement dépassé celui de 6 juillet et occupés par les chinois. Le
nombre de mort et blessé a multiplié celui qu’on a entendu dans les médias. On m’a dit au téléphone qu’il y n’y a que de chinois dans les rues et ils possèdent tous des longs
couteaux. Les Han chinois ont d’abord tué les ouïgours ensuite, ont accroché leur corps sur les arbres. Encore certains chinois ont jeté les corps ouïgours par le pont. Il y a tellement de
corps dans les rues, les tracteurs sont déployés pour nettoyer les rues. Les policiers restent à côté et font semblant comme s’ils n’ont rien vu. Et certains policiers disent même « allez
frapper là où se tue vite ». Cela encourage évidemment les Han. "
Personnellement je n'ai pas réussi à joindre mes appels vers ma ville, j'ai donc renseigné auprès de mes amis en
France et dans les autres pays d'Europe. Certains d'entre eux ont pu parlé avec leur famille, mais très rapidement. Une amie a Suède m'a dit qu'elle a parlé une minute au téléphone avec sa mère
d'Urumchi qui a raccroché avec cette phrase :" ne parle pas trop, tout va bien. Notre gouvernement est parfait, aurevoir." Les amis de Paris qui ont réussi à parler avec leur famille à Urumchi
m'ont dit que personne ne sort de la maison par peur même si le gouvernement les encourage à sortir." Les autres villes sont toujours injoignables, nous ne savons rien sur ce qui se passe en ce
moment dans les villes rebelles comme Gouldja, Kashgar, Aksu et Hotan.
La manifestation d'hier, le 8 juillet 2009 à Paris, s'est très bien déroulée. Aucun incident, aucune violence était
signalée. Ignoré tellement longtemps par les médias français, la question ouïgoure a trouvé sa médiatisation pour la première fois "grâce à" ses 156 morts dimanche dernier.
Manque de place devant l'ambassade de la Chine à Paris, cette manifestation a eu lieu devant le parvis de droit de
l'homme à Trocadéro. Il y'avait les ouïgours exilés, les étudiants ouïgours, les sypatisants de la cause tibétaine et ouïgoure, les représentants des associations tibétaines en France et également
les représentants de Mouvement Démocrate Chinois de France.
Par question de sécurité et aussi pour montrer symboliquement les blessés, les étudiants ouïgours se sont masqués à l'aide des tissus blancs colorés en rouge. Pour cette manifestation, certains
d'entre eux ont beaucoup hésités, peur d'être reconnu par les services secrets ou par les agents d'ambassade. Tous les étudiants qui avaient déjà acheté leur billet aller-retour entre Paris-Pékin
pour cet été, ont annulé leur vol. La peur est installé profondement.
Maglré tout, avec le soutien des tibétains, des français, des turcs et même des chinois, la toute première manifestation ouïgoure à Paris était un vrai succès. Les manifestants ont réclamé la
justice, l'arrêt immidiat de génocide, la liberté pour les ouïgours et tibétains.
Nous souhaitons d'avoir plus de monde et plus de soutien moral pour les prochains rassamblement pour la paix, pour l'égalité et pour la démocratie.
La communauté ouïgoure va lancer une manifestation à Paris à la place de Trocadéro demain à 14h. Pour la première
fois l’ensemble de la communauté ouïgoure à Paris va se réunir pour montrer leur solidarité avec les ouïgours du monde entier et leurs colères contre les injustices et politique discriminatoire
de Pékin.
Venez nombreux pour soutenir la toute première manifestation ouïgoure à Paris.
L’heure : 14h
Date : Le 08 Juillet 2009
Lieu : Place Chatillon, Le Parvis de Droit de l'Homme
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