Selon le dernier bilan publié par l’Agence Presse Chinoise, les affrontements entre les manifestants ouïgours et les
forces de l’ordre a fait 140 morts et plus de 800 blessés à Urumchi, la capitale ouïgoure le 5 juillet 2009. Ce bilan qui est officiel nous fait réfléchir aux nombres exacts des
victimes.
Les habitants d’Urumchi qui ont publié des notes dans les forums informent que la manifestation est tournée à
l’affrontement violent après le tir sur la foule de force d’ordre. Ce dernier aurait utilisé le tank et autre l’arme lourde.
Juste avant cette manifestation, tous les sites internet ouïgours s’étaient fait en noir et blanc pour exprimer leur
deuil sur la mort et l’humiliation des ouïgours à Canton. Tous les sites étaient remplis des notes de deuil, des poèmes. Nombreux internautes appelaient les jeunes de garder leur sang
froid.
Aujourd’hui le 6 juillet 2009, tout contact est coupé avec la région ouïgoure. Nous n’arrivons plus à téléphoner nos
familles, non seulement avec Urumchi mais aussi avec les autres villes. Selon les informations données sur les sites hier, une manifestation devrait avoir lieu à Gouldja aujourd’hui, mais
visiblement cela a été évité. Aujourd’hui aucun site ouïgour n’est accessible.
Aujourd’hui à 17h l’heure d’Urumchi, des milliers des jeunes ouïgours, essentiellement d’étudiant sont descendus dans la rue. Ils demandaient au gouvernement de rendre la justice sur
l’attaque sanglante commise contre les ouvriers ouïgours à Canton le 26 juin dernier.
Les étudiants provenant des différentes universités d’Urumchi sont rassemblés devant la place du peuple de la Ville.
Plus tard, ils sont rejoints par les autres ouïgours. Selon le témoignage sur place, les manifestants sont très rapidement atteints à 20, 000. Ils réclament l’arrestation des meurtres des
victimes ouïgoures et l’annulation immédiate de la politique de déportation de la main-d’œuvre ouïgoure en Chine.
En une demi-heure, les forces d’ordre et l’armé sont arrivés et
les arrestations ont commencé. Le témoin qui téléphone au « Est Turkestan
Information Center » affirme que beaucoup de manifestants sont déjà arrêtés.
Les manifestants se sont montrés très hostiles à l’égard des forces d’ordre. Ils ont brulé deux voitures de
police. 29 manifestants ont trouvé la mort sous le feu de l’armé.
Les manifestants avaient décidé de mener la manifestation à partir de Place du Peuple, et d’aller jusqu’au Grand Bazar pour appeler les habitants des quartiers ouïgours. Mais
très vite, ils sont encerclés par la police, ils n’ont pas pu avancer.
La manifestation est tournée vers
l’affrontement violent entre les forces d’ordre et les manifestants sur la Place du Peuple. La police a également encerclé les universités pour empêcher le reste
d’étudiant de sortir du campus. L’affrontement continue.
Le 26 juin dernier, 800 ouvriers ouïgours d’une usine des jeux à Shaoguan à Canton sont attaqués violemment par dix
milliers des ouvriers chinois dans la nuit.
Selon les premières informations circulées sur les forums chinois, deux ouvriers ouïgours auraient violé ou agressé
sexuellement des jeunes filles chinoises de l’usine. Mais très vite, cette rumeur est écartée, la personne qui a l’a inventé est arrêtée.
Selon l’information officielle, deux ouïgours de 20 ans sont tués par les agresseurs chinois, 89 ouïgours sont
blessés gravement. Ils sont tous originaires de Kashgar.
Selon les informations circulées chez les ouïgours en Chine intérieure, l’usine aurait séparé les filles ouïgoures
des garçons et elles seraient victimes des agressions sexuelles. Les hommes seraient disputés à cause de ces répétitions.
Avec le plan de déportation des mains d’œuvre, le gouvernement avait exercé une politique de travail forcé pour les
jeunes filles ouïgoures dans les usines chinoises. Le ton monte chez les ouïgours, ils craignaient d’une violation de leurs jeunes filles par les chinois. Depuis deux ans, pour apaiser la colère
et les soupçons, les autorités ont commencé rajouter des mains d’œuvre masculin.
Pourquoi les mains d’œuvre ouïgour doivent travailler en Chine ? Est-ce qu’il n’y a rien chez eux ? Dans
le même temps, la Chine envoie des millions de travailleurs chinois vers la région ouïgoure. La différence c’est que ces travailleurs chinois viennent dans la région pour travail permanent, pour
s’installer définitivement. Selon la statistique officielle publiée sur le site de « Travailleurs immigrés » (mingong), la région ouïgoure a reçu plus d’un million de main d’œuvre
chinois pour le secteur de coton.
Selon les témoins, les milliers d’agresseurs chinois ont envahi les dortoirs des ouvriers ouïgours à une heure du
matin avec les armes blanches dans les mains. Environs deux cents ouïgours ont réussis à s’échapper, le reste 600, sont encerclés par les agresseurs. Les vidéos et les informations
circulées sur internet montrent clairement la violence inhumaine adressée aux ouïgours. La police est arrivée à cinq heures du matin. Selon les ouvriers ouïgours, les agresseurs sont non
seulement les milliers d’ouvrier chinois de l’usine, mais aussi les bandes de mafia. Ils disent qu’ils sont sûr et certains, mais ils n’ont pas la preuve pour la présence de mafia.
Choquées, terrifiées, les familles ouïgoures de Kashgar s’inquiètent pour leurs enfants. Les jeunes gens qui sont
envoyés par le gouvernement local il y a seulement quelques semaines sont revenus mort. Aucune explication, aucune investigation n’est mise en place. Les familles ne savent pas pourquoi ils
recevaient un cadavre au lieu d’un jeune de 20 ans. Les autorités de Kashgar a interdit les villageois de parler de ces morts, ni de cet affrontement, les funérailles des morts sont passées dans
le silence, les gens sont interdits de pleurer.
Les ouïgours de l’intérieure et l’extérieure de la région sont en colère contre le gouvernement régional pour
leur silence. Le président de la région Nur Bekri qui ne s’arrête pas de répéter l’unité des ethnies se cache depuis cet affaire. Quelques années plutôt, il avait pleuré publiquement devant la
mort d’un soldat chinois, aujourd’hui des centaines des jeunes gens de son propre ethnie sont agressés, humiliés, une cinquantaine sont mort sous la violence chinoise, ce fameux président du
« bon cœur » est disparu. Les agresseurs sont libres, loin de jugement pénal. Les organisations ouïgoures dans le monde entier crient au scandale, à lâcheté de la justice
chinoise.
Le quatre juin dernier, les services secrets suédois ont arrêté un ouïgour-suédois, accusé d’espionner pour le compte de GAB (services secrets
chinois).
Ce qu’est étonnant pour les services secrets suédois, cet ouïgour de 61 ans est de nationalité suédoise. Les espions
chinois sont souvent des diplomates et de nationalité autre que suédoise.
En raison de rapport de cette enquête avec certaines questions sensibles, l’identité de l’accusé était cachée de
public depuis son arrestation. Aujourd’hui, la télévision nationale suédoise, Canal 4 a révélé les informations sur son identité : Babour Mehsoute (Babur Mehsut), ex-réfugié ouïgour, arrivé
en 1999 en Suède et obtenu la nationalité suédoise en 2002.
Selon le Comité Ouïgour de Suède, Babur est un membre actif de l’organisation dans les activités militantes en Suède
et un peu partout dans le monde. Sans jamais causé aucune soupçon, il est en contact direct avec tous le leadership de diaspora. Il a été invité participant de dernier Congrès Mondial
Ouïgour, tenu en mai aux Etats-Unis. Il a été arrêté lors de son espionnage après le congrès.
Selon les services secrets suédois, toutes les preuves sont complètes pour accuser l’intéressé de l’espionnage qui
risquera 4 ans de prison fermée.Une peur, soupçon et méfiance installée entre les Ouïgours de la diaspora.
Créée en 1985, la Maison d'Europe et d'Orient est la seule institution associative consacrée à la promotion
des cultures de l'Europe de l'Est et de l'Asie Centrale. Elle joue un rôle important dans la présentation et la diffusion de ces cultures en France via les livres et les spectacles vivants.
Située dans le 12ème arrondissement de Paris, la MEO regroupe la bibliothèque Christian-Montécot, le théâtre de Syldavie, l'Edition d'Espace d'un Instant et une librairie. La MEO organsie
régulièrement des festivals des spectacles vivants. Sa bibliothèque conserve des oeuvres théâtrales en langue originale et en traduction, elle possède également un réseau des experts en
traduction dans différentes langues de l'Europe de l'Est et de l'Asie Centrale.
Financée par l'Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des Chances, elle est menacée aujourd'hui sérieusement d'une crise financière. Seule organisation dans son genre, la
MEO est indispensable dans la vie culturelle des français.
Elle a besoin aujourd'hui de notre simple signature sur une pétition avant le 30 juin 2009. Elle nous remercie designer iciet de la
soutenir.
Les programes à venir à la Maison d'Europe et d'Orient sont heureux de vous accueillir à son siège, 3 passage Hennel, accès par le 105 avenue Domesnil:
8 juin : Soirée kirghize en hommage à Tchinguiz Aïtmatov – UNESCO - 18h
15 juin : Rencontre du Synavi Île-de-France – Projet artistique, Quelle légitimité, quelle reconnaissance ?
du 17 au 19 juin : Quel est l’enfoiré qui a commence le premier ? de Dejan Dukovski, mise en scène Stuart Seide – Nouveau Théâtre de Montreuil
Pour plus d'info, voici le site de la MEO:www.sildav.org
Wuer kaixi. Son nom est écrit ainsi dans toutes les presses occidentales sans oublier préciser qu’il appartient à l’ethnie ouïgoure. C’est la transcription chinoise de son
prénom Örkesh, signifie « le vague ; agiter ; monter», son nom de famille Dölet signifie « le pays ».
Né en février 1968, l’année historique en France, Örkesh est originaire de Gouldja, la ville connue pour ses
rebelles. Il a grandi à Pékin et suivi ses études supérieures à l’Université de Pékin, le numéro deux des prestigieuses universités chinoises.
Un des trois leaders du mouvement Tiananmen en 1989, Örkesh était médiatisé dans le monde entier par son image
télévisée dans laquelle il interpellait en pyjama le premier ministre de l’époque Li Peng. Il fuit ensuite à Hongkong, séjourne en France, et par la suite il arrive aux Etats-Unis où il fait ses
études à l’Université Harvard. Enfin il s’installe à Taiwan.
Lorsque la presse occidentale salue la position de Zhao Ziyang, le secrétaire général du PCC à l’époque de Tiananmen
qui a pris la défense des étudiants grévistes, Örkesh l’accuse d’ethnocentriste. Un an avant ce massacre, les étudiants ouïgours des universités d’Urumchi avaient fait des manifestations en
faveur de droit de l’homme. Le même secrétaire général avait donné son feu vert pour massacrer ces étudiants ouïgours sans tarder. Aujourd’hui personne n’en parle.
Örkesh fait partie aujourd’hui des intellectuels ouïgours de la diaspora qui revendiquent une vraie autonomie à la
région ouïgoure au sein d’une Grande Chine démocratique.
Aujourd'hui avec les autres dessidents, Örkesh est à Paris:
Le 25 avril dernier, la police locale du quartier Tachkövrük (pont de pierre) de la ville de Gouldja avait arrêté 30
femmes qui ont organisé Qatar Tchaï, une soirée traditionnelle. (Voir « Les soirées ouïgoures-Qatar
Tchaï » de ce blog) Quatre d’entre elles sont condamnées à un mois de prison fermée, sept femmes sont pénalisées avec le travail forcé et le reste sont relâchées après 8h d’interrogation
au commissariat.
L’interview réalisée par le journaliste de RFA (Radio Free Asia) a permis d’éclaircir un peu la raison de cette
soudaine arrestation. Selon le récit de deux victimes, la police leur a déclaré la condamnation sans aucune explication, ni de raison claire. Selon le
premier témoin, la raison peut être l’argent de la fête, 800 soms, environs 80€ que la police soupçon de son utilisation finale. Selon le deuxième témoin, c’est la fête organisée à la maison, la
police les a accusées de faire la fête à la maison mais pas au restaurant. La voici la retranscription de cette interview avec les deux victimes :
Journaliste : Madame Rahila, nous avons entendu parler de votre mésaventure. Que-ce que s’est
passé ?
Rahila (la hôtesse de Qatar Tchaï) : Nous n’avons rien compris. Ils nous ont arrêtées, nous avons obéi.
Je me suis inquiétée surtout pour mes enfants. Mes trois petits étaient restés dans la rue. Il n’y avait personne ce jour-là pour les garder. Mon mari travaillait au champ. Nous sommes des
paysans.
Journaliste : Pour quel motif ils vous ont interrogée ? Je veux dire de quoi ils étaient
inquiétés ?
Rahila : Ils nous ont accusées de faire la fête. Nous leur avons dit que c’est une soirée pratiquée
presque tous les jours et partout et que depuis toujours nous avons fait ce jour de soirée d’argent. Ils nous ont demandé que ce qu’on fait avec cet argent. Je leur ai dit que je n’ai plus de
farine, ni d’huile, j’achète ceci-cela. Pour le reste, j’avais emprunté un peu d’argent le mois dernier pour acheter de la viande, je vais rendre cette dette. Vous savez, on organise Tchaï pour
subvenir notre vie quotidienne, sinon que ce qu’on fait avec, les paysans comme nous ?
Journaliste : Bien sûr, la soirée de Tchaï existe partout chez les ouïgours.
Rahila : Ben oui. Nous avions organisé cette fête avec 50 soms pour chacune. Ce n’était pas grande
chose, puisque nous sommes toutes des paysannes. L’argent reçu ce jour là était autour de 700 ou 800. Je n’avais même pas eu du temps de compter. Ils étaient arrivés d’un coup, nous sommes toutes
étonnées, nous avons eu peur. Il y’avait une 20-30aine de voiture policière garées devant chez moi. Le quartier était rempli des voisins quand je suis sortie dehors. Ils nous ont demandé de
monter dans leurs voitures. Comme nous n’avons rien fait de mal, nous sommes montées sans rien dire. Je n’avais même pas compris ce que s’est passé. J’avais cru qu’ils vont nous faire un tour
dans la ville et ensuite nous ramener à la maison. J’ai demandé en voiture où on va, on m’a répondu « à la prison ».
Journaliste : Vous n’avez pas demandé que vous avez fait de mal ?
Rahila : Si, si, nous avons demandé. Ils nous ont dit que c’est l’ordre du commissariat et qu’ils ne
savent pas pourquoi. Puisqu’ils ne savent pas non plus, nous avons suivi.
Journaliste : c’était le commissariat de Tachkövrük ?
Rahila : oui. C’était le commissariat de notre quartier. La police a fouillé ma maison.
Journaliste : Quelle était la première phrase de la police quand elle est arrivée chez
vous ?
Rahila : J’étais en trains de faire la cuisine. J’allais servir les invitées. La police est débarquée
tout d’un coup. Les invitées avaient tellement peur, je leur ai dit de ne pas avoir peur puisqu’on n’a rien fait de mal. J’ai dit qu’ils sont venus certainement pour jeter un coup d’œil. J’ai
quand même servi tout le monde, y compris les policiers. Ils n’ont pas voulu manger, mais juste gouter un peu du pain. Ensuite, ils nous ont demandé gentiment de venir avec eux au commissariat
pour un simple passage. Je suis sortie donc juste avec une veste. Nous sommes allés au commissariat, une fois qu’on arrive, nous sommes arrêtées.
Journaliste : Vous étiez combien ?
Rahila : nous étions 30 femmes. Toutes les invitées qui sont venues pour cette fête.
Journaliste : nous avions entendu que la police a arrêté d’abord seulement quatre femmes.
Rahila : mais non, ils nous ont emmenées toutes. Mon père était décidé il n’y a pas long temps, nous
avions construit une nouvelle maison. Certaines de mes voisines sont nouvelles dans notre quartier et elles n’étaient jamais venues encore chez moi. J’avais fait aussi la circoncision de mon
fils, donc certaines femmes étaient absentes lors de la cérémonie. Comme nous sommes paysans, nous avons de travail à faire et je ne peux pas m’amuser à recevoir tous les jours des invités.
J’avais ce Qatar Tchaï avec certaines de mes voisines, j’ai invité donc également les femmes qui voulaient venir chez moi pour rattraper leur retard. Je n’avais jamais pensé à
ça.
Journaliste : vous faites la prière cinq fois par jour ?
Rahila : oui.
Journaliste : je me demande si c’est ça la raison ?
Rahila : très franchement, je ne sais vraiment pas. J’ai perdu la tête. Je me demande moi aussi pourquoi
sont venus ces policiers.
Journaliste : les femmes étaient voilées ?
Rahila : oui, nous étions voilées. Voila depuis un mois, mon mari s’est perdu aussi, il n’a pas eu la
tête pour faire ni le ménage de la maison ni celui du champ.
Journaliste : Ils n’ont rien expliqué même à la fin quand vous êtes libérées ?
Rahila : non, un mois après notre arrestation, un chinois a crié « prenez vos valises ». Nous
étions trois dans trois cellules, nous n’avons pas osé à croire à notre libération. Nous pouvions enfin voir nos enfants, nous étions tellement heureuses…
Journaliste : vous êtes restée un mois en prison ?
Rahila : oui, le 31ème jour nous sommes libérées.
Journaliste : combien de femmes condamnées à un mois de prison ?
Rahila : nous sommes trois pour un mois. En fait on était quatre au départ. Une d’entre nous était
enceinte. Au bout de 12 ou 13 jours, elle a eu très mal. Ils l’ont emmenée à l’hôpital, elle n’est donc plus restée en prison. J’ai entendu parler de tout ça depuis je suis sortie, sinon,
l’intérieur là, on est coupée du monde.
Journaliste : pendant ces 31 jours, ils vous ont interrogé ?
Rahila : non, même pas. Lorsque nous sommes arrêtées, nous étions d’abord au commissariat du quartier,
ensuite ils nous ont emmenées au grand commissariat municipal. Nous sommes restées dans la prison de là bas. Au bout de quelques jours, ils nous ont montré un papier qui annonce notre
condamnation d’un mois, soit du 25 avril jusqu’au 25 mai. Le jour de libération, le jeune commissaire du quartier est venu pour nous donner la bonne nouvelle. Il nous a donné un papier à signer.
Nous l’avons signé sans lire. Nos familles nous attendaient dehors.
Journaliste : les autres sont libérées le premier jour ?
Rahila : oui, elles sont apparemment interrogées jusqu’à deux heures du matin ensuite
relâchées.
Journaliste : nous avons entendu que sept d’entre vous sont condamnées à travail forcé.
Rahila : oui, c’est vrai. Sept femmes sont emmenées à Tchaptchal (un district à côté de Gouldja) pour
cueillir des légumes pendant 10 jours. Tout ça j’ai entendu ici. Je n’ai pas la tête y réfléchir. Ma mère est malade, elle ne peut pas marcher, pendant un mois il n’y avait personne pour
s’occuper d’elle.
Journaliste : C’est fréquent en général de parler de religion, des mœurs pendant les fêtes. Peut être
vous en aviez discuté ?
Rahila : non, même pas. Nous n’avions même pas eu du temps de discuter. Les invitées étaient arrivées,
je leur avais servi du thé et de desserts. Les plats n’étaient pas encore tout à fait prêts quand la police a débarqué.
Journaliste : c’est bizarre quand même que vous n’ayez même pas demandé pour quoi vous êtes
arrêtées.
Rahila : au départ quand ils nous ont demandé d’aller au commissariat avec eux, nous ne savons pas tout
cela, nous avions pensé qu’on nous fait un tour, et nous ramène ensuite à la maison. Quand nous sommes libérées, par peur et aussi par la joie, par l’inquiétude, nous n’avons ni eu du temps, ni
eu du courage pour leur poser des questions.
Une journée ouverte à Paris, consacrée à l'étude ¨de la question ouïgoure. Le vendredi 6 juin 2009, l'Ecole Hautes
Etudes des Sciences Sociales organise une journée ouverte sur le thème "Le Xinjiang et les Ouïgours, hier et aujourd'hui" sous la présidence de l'historien du soufisme et de l'Asie Centrale
Alexandre PAPAS.
La conférence est animée par l'intervention des spécialiste de la question comme le Pr. Rémi Castets, Jean-Paul Loube, Isabelle Attané...etc. Etudiante ouïgoure à la Sorbonne Mukaddas Mijit
intervient égalment sur les chants soufis chez les ouïgours.
Voici le programme:
Matin : Société et économie
9h45 : Accueil des participants
10h : Présentation par Alexandre Papas et Thierry
Zarcone
10h15 Ildikó Bellér-Hann (Martin Luther Universität, Halle),
Strategies of social support in rural Xinjiang
11h : Isabelle Attané (Institut National d'Etudes
Démographiques, Paris), La population du Xinjiang : entre résistance et intégration
11h45 : Alexandre Papas (Centre National de la Recherche Scientifique,
Paris), Aspects de l'histoire de la pauvreté au Xinjiang
Après-midi : Culture et islam
14h : Rémi Castets (Institut d'Etudes Politiques, Paris), Le militantisme de la
diaspora ouigoure
14h45 : Mukaddas Mijit (Université Paris IV-Sorbonne, Paris),Les chants soufis
chez les Ouigours
15h30 : Jean-Paul Loubes (Ecole d‚Architecture, Bordeaux) et Thierry Zarcone
(Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, Le culte des Sept Dormants à Turfan : histoire, espace et dévotions
Date et
Adresse
le vendredi 5 juin 2009 à 09h45 IISMM - salle M. et D. Lombard -
96Bd Raspail - 75006 Paris
Selon le dernier bilan publié le 31 mars 2009 par les autorités sanitaires d’Urumchi,
la capitale de la région Ouïgoure, le nombre de personnes qui sont enregistrées sur la liste de l’infection du Sida a atteint en 2008 le chiffre de
1087. Cela correspond à une augmentation de 4% en un an.
Depuis la découverte de la première personne contaminée du Sida en 1995, le nombre de
victimes de cette maladie monstrueuse a atteint 25615 dans toute la région. Parmi eux, plus de 9000 ont été découverts à Urumchi. Aujourd’hui, cette
ville recense 34,5% de l’ensemble des personnes contaminées par le Sida de la région ouïgoure. Si l’on ajoute à ce chiffre le nombre de personnes qui n’osent pas se révéler, ou celles qui ne
savent pas qu’elles sont contaminées, les statistiques seront certainement encore plus choquantes.
Selon ce rapport annuel officiel, les porteurs du virus VIH ne savent pas comment ils
l’ont attrapé, ni comment ils le transmettent aux autres, faute de moyens pour faire examiner leur état de santé.
Aujourd’hui le virus VIH à Urumchi ne se transmet plus par les utilisateurs de drogue
ou par des rapports sexuels non protégés : il attaque également les gens qui mènent une vie régulière, normale, les étudiants, les jeunes mères de famille et même les personnes âgées.
Urumchi et la ville de Gouldja sont devenues les zones triangulaires du Sida en Chine, après la province de Yunnan, où l’on plante et l’on vend des
drogues. Or la population locale de la région ouïgoure n’est toujours pas informée de la dangerosité de leur situation sanitaire.
Quatre millions de personnes circulent à Urumchi. Les salons de beauté, les boîtes de
nuit, les saunas, les cabinets médicaux non conformes à la régularité sanitaire…sont autant d’endroits qui échappent sans aucune difficulté aux yeux des « autorités ». Ils sont devenus
les lieus favoris de la transmission du virus VIH.
Bien que la région Ouïgoure soit l’une des zones les plus dangereuses en ce qui
concerne la transmission du virus du sida, les ouïgours n’ont toujours pas été équipés d’un système d’information adéquat. De plus, le sida reste un sujet tabou dans cette région musulmane, et
les personnes contaminées n’osent pas aller voir les médecins, qui discriminent souvent les victimes.
Il n’existe que très peu d’information disponible sur le sujet en langue ouïgoure. Le
moyen d’accès aux informations nécessaires ainsi que les sources restent très limités. La plupart des Ouïgours ne savent même pas combien ils sont proches de cette maladie. Sans compter la
pauvreté et les pressions politique et économique, le sida est devenu aujourd’hui la plus grande menace de la vie ouïgoure, faute d’aide et de soutien.
Vendredi 10 avril 2009 une universitaire brésilienne, professeur-chercheu r en université, a été retenue par les
services de la
police française à l¹aéroport Roissy Charles de Gaulle et a passé la journée en rétention parce qu¹elle n¹avait pas une attestation
d¹accueil officielle mais seulement une attestation d¹hébergement rédigée par deux universitaires français de l'Université Nanterre,Yves Bellenand etIdelette Muzart,comme ils l¹avaient
toujours fait pour tous leurs amis brésiliens qu'ils ont accueillis depuis de nombreuses années.
Malgré leurs interventions répétées ils n'ont appris son incarcération que vers 18 h et son expulsion avec 16 autres brésiliens et brésiliennes par le premier avion en partance pour Rio de Janeiro
à 21h50 le même jour.A propos, cette année 2009 est l'Année de la France au Brésil, avec force
commémorations officielles, visite du Président Sarkozy le jour de la fête nationale brésilienne, le 7 septembre, comme le Président Lula avait visité la France le 14 juillet 2005, pour l'Année du
Brésil en France, et aussi des colloques... parmi lesquels un colloque, que je co-organise, consacré aux "Réseaux intellectuels France-Brésil, 19e-20e siècle". Ces universitaires français se
demandent
combien faudra-t-il de "laisser-passer" pour que les Réseaux fonctionnentpour le 21e
siècle?
Ministres et conseillers de cabinet osent nous parler de l'"image de notre université à l'étranger",
que notre grève contribue, parait-il, à ternir.
Une histoire absolument vraie, comme celle-là, montre dans le monde entier une image de la France comme un état policier, soumis à l'arbitraire. Elle est arrivée à une collègue brésilienne, elle
peut se répéter demain pour n'importe quel invité à un colloque, n'importe quel ami étranger que nous invitons à passer une semaine ou deux à la maison, plutôt que de se ruiner à l'hôtel!
Déjà nos partenaires s'inquiètent et se bardent d'attestations et de documents ou même... renoncent à venir participer à un colloque en France ou à y passer une année d'études post-doctorales, trop
risqué! (Yves Bellenand etIdelette Muzart)
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